Lettre - Une opposition contre-productive

La faction dissidente du Parti québécois, qui s’en est désolidarisée et qui s’est ensuite ironiquement proclamée solidaire, n’est composée pour l’essentiel que de l’enfant terrible Amir et de maman Françoise. Connaissons-nous un troisième candidat ? Le premier ayant épuisé son capital de sympathie avec ses excès verbaux, son idéologie un peu carrée et ses frasques dans la rue, la seconde a dû prendre la relève et y aller de ses boniments lénifiants, vertueux, forcément sympathiques, mais sans conséquence sérieuse autre que de marquer son opposition au mainstream souverainiste.


Cette opposition à l’opposition officielle sera efficace dans les urnes, mais contre-productive et masochiste par rapport aux partis fédéralistes et de droite, car elle n’aura d’autre effet, on le sait, toute menue qu’elle soit, la Françoise sur son vélo, que d’aider Charest à se maintenir au pouvoir, ne serait-ce que dans la benne d’un camion de ses amis de la construction, ou Legault à réaliser son ambition de sortir du ravin où cet ex-caribou s’était enfoncé.


C’est dommage, car madame David avait un bel avenir au Parti québécois. En effet, son groupe aurait pu influencer fortement et rajeunir le parti de René Lévesque, et elle aurait même pu, un jour, succéder à madame Marois, faire ses gammes dans la grande game politique et, qui sait, devenir première ministre. Tant pis pour l’idéalisme et les voeux pieux, Québec solidaire ne sera jamais véritablement un parti, ne demeurera qu’en tant que vague mouvement, putsch obsolète, faction, bande à part, épinglette rouge émaillée, bouderie, école buissonnière de la politique réaliste et inclusive, malgré couacs et hésitations, du Parti québécois.


***
 

François Hébert - Saint-Lambert, le 27 août 2012

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

12 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 29 août 2012 07 h 32

    Superbe lettre

    Bravo !

  • Patrick Boulanger - Inscrit 29 août 2012 07 h 48

    C'est vrai que QS n'a pas beaucoup de visages connu à part ses deux co-porte-parole (Il y a quand même M. Saillant dans Rosemont, Mme Massé dans Sainte-Marie-Saint-Jacques et Serge Roy dans Taschereau...), mais ça viendra avec le temps... Quant à la fameuse question du «vote stratégique», les péquistes n'ont qu'à voter pour QS si la division du vote les dérange tant ou gauchir leur programme afin de marginaliser encore plus QS.

  • Benoît Landry - Inscrit 29 août 2012 07 h 55

    Si René Lévesque avait réfléchi comme vous...

    il n'y aurait jamais eu de Parti Québécois

    • Philippe Landry - Inscrit 29 août 2012 20 h 21

      À sa première élection, en 1970, le Parti Québécois de René Levesque à obtenu 23% du suffrage, 30% en 73 et 40% en 76. C'est quoi la progression de QS, déjà? En trois élections, QS n'aura jamais dépassé la barre des 10%.

  • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 29 août 2012 07 h 57

    Inversion de sens

    Je devrais voter pour un parti, qui comme les deux autres «vieux partis», prend des décisions que je considère néfastes et sans avenir pour la société Québécoise et son territoire, sans quoi je suis «égoïste».

    Nous espérer un avenir commun autre que la médiocrité colportée par l'alternance de deux partis incrustés dans un système qui détruit la richesse collective au nom de la «croissance économique» (l'enrichissement d'un petit nombre aux dépens de la collectivité) serait manque de solidarité.

    Cautionner les demi-mesures, l'ambiguïté, les volte-faces et l'électoralisme flagrants du PQ actuel constituerait un geste solidaire. Voter pour un parti, le seul à l'heure actuelle, dont les positions sont porteuses d'avenir serait un geste égoïste.

    Il semble qu'il soit de bon ton, en fin de campagne électorale, pour prouver sa «solidarité», d'oublier les Brassard, Chevrette, Facal, Bouchard, Boisclair, Landry et, oui, Marois, qui ont exercé le pouvoir d'une façon dont Charest constitue la continuité exemplaire.

    Et qu'il serait de bon ton d'accepter aveuglément les soudaine prises de position écologistes et progressistes d'un PQ en fin de campagne électrorale, qui constituent en fait une récupération des enjeux que Québec Solidaire ramène sans cesse à l'avant-plan depuis sa création.

    Je devrais accepter de continuer à voir mes perspectives d'avenir détruites, à voir le territoire que j'aime avec passion continuer à se faire saccager et à voir le rôle sacré du citoyen continuer à se faire dégrader par le cynisme électoraliste ambiant ...au nom du bien commun et de la solidarité?

    Désolé, je serai égoïste. Je voterai pour l'avenir, même si le fruit de mon vote ne pourra être cueilli dès cette élection. Accepter de continuer à faire les choses de la même façon que depuis quarante ans, refuser le changement sous prétexte qu'il constitue un risque et lui préférer la médiocrité que l'on connaît est lâche et servile. Je refuse cette manipulation.

    Je choisis le bien commun.

    • Sylvain Alary - Inscrit 29 août 2012 13 h 38

      Wow! bravo! Je refuse aussi que mon vote soi prit en otage par le PQ avec sa fameuse "division du vote". Moi je penche plus dans le camps de ON, mais j'aime bien aussi QS. :-)
      Ça c'est du vrai changement!

    • Cyril Dionne - Abonné 29 août 2012 18 h 18

      Est-ce qu'il de plus vieux parti que celui du marxisme-léninisme mieux connu sous le nom de Québec solidaire? Assez les comparaisons. Québec solidaire n'est qu'un parti communiste sous un autre nom. Et plus, il est très vieux...

  • Mario Jodoin - Abonné 29 août 2012 08 h 52

    Pourquoi alors?

    «Québec solidaire ne sera jamais véritablement un parti, ne demeurera qu’en tant que vague mouvement, putsch obsolète, faction, bande à part, épinglette rouge émaillée, bouderie, école buissonnière de la politique réaliste et inclusive, malgré couacs et hésitations, du Parti québécois.»

    S'il est si négligable, pourquoi vous en prendre à lui?

    «C’est dommage, car madame David avait un bel avenir au Parti québécois. En effet, son groupe aurait pu influencer fortement et rajeunir le parti de René Lévesque»

    C'est probablement ce que pensait Camil Bouchard... Je considère que QS a davantage influencé de PQ de l'extérieur, que ce soit dans le dossier de l'amiante (dossier sur lequel le PQ vient encore de changer de position...) et des énergies fossiles ou de l'ajout de paliers d'imposition, etc. Et il l'a fait sans compromission, simplement en mettant ses idées sur la place publique.

    Désolé, mais QS n'est pas une succursale du PQ, mais un parti à part entière qui offre aux Québécois un projet de société bien différent. Que vous ne l'aimiez pas, soit, je ne vous reprocherez pas alors d'appuyer un parti qui correspond davantage à vos valeurs comme le PQ. Mais, je suis personnelleemnt heureux qu'un tel projet existe et que je puisse l'appuyer.