Lettre - Que c’est beau la vie!

Quand j’avais 17 ans, Georges Moustaki chantait sur tous les tons : « Nous sommes deux, nous sommes trois, nous sommes mille vingt et trois », tandis que Jean Ferrat nous brassait le camarade à tous les vents, tout en nous assurant de sa voix grave « Que c’est beau la vie ! ».


Plus près de chez nous, Robert Charlebois nous faisait le gars bien ordinaire, en marchant tout écartillé dans Paris, et nous prédisait le rechanter, 40 ans plus tard, pour faire danser les bougalous. À l’époque, il y eut aussi mai 1968, la Fête nationale, l’Osstidcho, McGill français et la Crise d’octobre…


Puis les années ont passé et ceux qui occupaient le pavé, à coup de slogans et de marches sans fin, sont devenus, pour la plupart, ceux qui ont forgé la société d’aujourd’hui.


Tout ça pour dire qu’il est formidable d’entendre raconter, ces temps-ci, que la rue est synonyme de violence, alors qu’elle dessine avant tout le profil de la liberté. Ah, il est vrai que le printemps dernier a laissé couler beaucoup d’encre d’érable entre les pages de la cité, mais il est vrai aussi de dire que le vent de fraîcheur qu’il a dispersé sur l’ensemble des citoyens a redonné un sens profond au mot liberté.


À moins que l’histoire ne soit complètement à l’envers et que les Grecs ne nous aient raconté des balivernes depuis des lustres, la rue n’est-ce pas le peuple et le peuple n’est-ce pas celui qui doit parler en premier ? Oui, qu’elle est belle la vie !


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Alain Petel - Montréal, le 24 août 2012

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