Lettre - Cyniques, les Québécois?

J’en ai plus qu’assez d’entendre notre classe politique répéter que les Québécois sont cyniques. Car qu’est-ce que le cynisme ? Pour Littré, le mot est synonyme d’« effronterie, impudence, obscénité ». Wikipédia précise qu’« on parle de nos jours de cynisme pour désigner un mode de pensée qui diffère tellement des normes établies (en particulier dans le domaine de la morale) qu’il en deviendrait choquant ». Les citoyens ne sont pas cyniques, ils sont désabusés, écoeurés, désillusionnés, voire tout simplement lucides. Ce sont certains politiciens qui sont cyniques, c’est-à-dire impudents et effrontés quand ils émettent des opinions sarcastiques sur les étudiants ou quand ils se permettent des jugements méprisants sur les jeunes, comme de dire qu’ils ne pensent qu’à faire la belle vie.


***

 

Jacques Maurais - Québec, le 24 août 2012

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

6 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 25 août 2012 08 h 21

    Les malpolis

    Des politiciens malpolis assurent le «show» télévisuel: certains téléspectateurs apprécient.

  • Yvon Bureau - Abonné 25 août 2012 10 h 00

    Les érables sont entaillés

    Le temps d'un nouvel ordre social est en processus de naissance.

    Il nous faudra une solide solidarité en ce temps d'accouchement.

    Naîtra en temps voulu un nouvel ordre social porteur de plus d'équité et de solidarité. Il fera meilleur d'y vivre.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 26 août 2012 21 h 19

      PROPHÉTIE?

      Jusqu'ici les prophètes politiques n'ont jamais mené nulle part qu'à des catastrophes, à des dictatures ou à rien du tout...

  • Monique Bisson - Abonné 25 août 2012 10 h 29

    Le mérite de la précision

    Tout à fait d'accord avec vous M. Maurais. Le dérapage verbal du printemps dernier, alors que certains politiciens parlaient d'un boycott étudiant plutôt que d'une grève étudiante, expression consacrée, illustre ce cynisme que vous décrivez très bien dans vos propos.

    Merci pour cette précision.

    Monique Bisson, Gatineau

    • André Le Belge - Inscrit 25 août 2012 14 h 23

      Je suis entièrement d'accord: il était nécessaire de préciser le terme.

  • Michel Mongeau - Inscrit 26 août 2012 08 h 29

    Quelques onces d'histoire

    Le mot cynique vient du grec kuon, qui veut dire le chien. Diogène de Sinope, parmi les premiers disciples de cette morale critique, aimait se comparer au chien qui vit au rythme de sa nature et de ses besoins les plus simples. Il refusait les conventions sociales et l'aliénation inhérente à la vie luxueuse et trop policée. Il n'hésitait pas à provoquer le commun et même Alexandre le Grand en personne, par ses paroles et comportements inhabituels qu'il jugeait tout à fait naturels et authentiques. Plusieurs l'ont comparé à une espèce de Socrate excessif. De sorte que si l'on s'en tient à une définition proche de cette origine, on peut soutenir que la personne cynique se définit par sa critique des règles de la majorité et son dévolu jetté sur une vie simple et arrimée aux besoins fondamentaux. Quand on accuse aujourd'hui moult Québécois (es) de tout remettre en question en politique et de renvoyer dos à dos tous les politiciens en les traitant de malhonnètes, de profiteurs, de corrompus et qu'on estime que voter ne sert qu'à porter aux pouvoirs des incompétents qui ne feront qu'avantager leurs proches et leurs sympathisants, ça se nomme de l'ignorance ou, à tout le moins, de la généralisation hâtive. Ne croire à rien, n'adhérer à aucune vision poltique, rejeter tout système d'idées, c'est faire preuve de nihilisme. Mais ici encore il faudrait proposer bien des nuances.