Lettre - Un maire pris à partie

Ces jours derniers, M. Jean Tremblay a été pris à partie par un peu tout le monde pour une histoire de nom. Il trouve en effet difficile de prononcer «Djemila Benhabib».


Qui peut l’en blâmer! Et comment peut-on affubler une enfant d’un tel prénom? Et le nom Benhabib? C’est bien un surnom suivi d’un je-ne-sais-quoi… comme dans Ben Johnson et Johnson; ça il connaît ça puisqu’on en a poudré ses fesses de bébé comme à nous tous. Oui, Monsieur Tremblay est simplement habitué a des noms à consonance bien québécoise comme Schwartz, le nom de notre moutarde jaune, et Heinz, celui de notre bon ketchup qu’il a, comme un peu tout le monde, appris à aimer et à dire sur les genoux de sa maman bien qu’ils aient une sonorité un tantinet allemande; ou skidoo, cette invention d’un grand québécois qu’il possède probablement ou Wladek Kowalski, un lutteur québécois de notre jeunesse... (bon, d’accord lui, c’était un méchant) ou encore notre grande joueuse de tennis Aleksandra Wozniak.


Au fond, Monsieur Tremblay n’a pas de problème avec les noms difficiles, mais plutôt avec ceux qui sont différents de ce à quoi il est habitué. Aussi, en ma qualité de vieux directeur d’école primaire à la retraite, je l’inviterais à retourner sur les «bancs» de la petite école pour (non, non, pas pour apprendre à lire, Monsieur Tremblay sait très bien lire puisqu’il lit la prière avant chaque séance de son conseil), mais pour être en contact avec des choses nouvelles et apprendre à les connaître, comme nos petits qui découvrent: qui la gouache, qui la peinture aux doigts, qui le fait que le copain ou la copine ont le teint plus foncé ou plus pâle et qu’ils s’appellent Natacha ou Aziz, et apprennent ainsi à en tenir compte dans le respect de chacun.


Souhaitons à Monsieur Tremblay de prier Marie et le petit Jésus pour qu’ils l’aident à apprendre le respect de l’autre.


***
 

Guy Girouard - Le 15 août 2012

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10 commentaires
  • Gabrielle K. Laflamme - Inscrite 17 août 2012 01 h 02

    Conseils appropriés

    Merci, quels généreux conseils vous faites à notre, bien malgré nous, bon maire de Saguenay.
    Que Dieu lui vienne en aide.

  • France Marcotte - Inscrite 17 août 2012 07 h 12

    Une nation, un pays, c'est comme une équipe

    On ne peut pas en rejeter du revers de la main un canard boiteux, ce qu'est le maire Tremblay, comme un corps étranger; il fait partie du groupe, il est un indice de l'état de santé général du groupe.

    Le maire Tremblay «nous» fait actuellement honte, fait honte à tout le groupe, il en est un élément défaillant, qui nous retarde, qu'il faut soigner.

    On peut le déplorer mais il faut aussi le constater: combien exactement sont dans cet état d'ignorance douloureuse, d'indigence intellectuelle, qui font honte au groupe?

    «Je» ne se sentira pas bien tant qu'il y en aura encore, tant qu'on n'aura pas résolu ce problème.

    • Paul Gagnon - Inscrit 17 août 2012 15 h 36

      En ex-URSS, il y avait des camps de rééducation et des hôpitaux psychiatriques pour "ces gens-là", pour ceux qui faisaient honte à la Patrie du communisme. Comment ne pouvaient-ils pas comprendre qu’on leur offrait le Meilleur des Mondes?

    • Solange Bolduc - Inscrite 17 août 2012 16 h 22

      Mais ce n'est pas une raison pour ne pas dénoncer cette ignorance "curocratique"!

  • Jean-Luc Mercier - Inscrit 17 août 2012 08 h 26

    Selon...

    Selon qu’ils aient ou non du pouvoir, les imbéciles font peur ou font rire...

  • Martine Fortin - Inscrite 17 août 2012 08 h 54

    Mieux vaut prier que végéter

    Dans le monde actuel, sans valeur morale vivante ni volonté pour retrouver un monde meilleur, je pense que si tout le monde prendrait un moment à tous les jours pour prier, (ou méditer si vous préférez), la collectivité ne s'en irait pas dans un mur à haute vitesse.

    Il est temps de changer notre rituel actuel (mensonges, hypocrisie, égoismes, orgueuils..) pour une pratique plus humaine et sobre. Ce qui me fait penser que le maire Tremblay possède un brin de sagesse et de solution.

  • Pierre Rousseau - Abonné 17 août 2012 11 h 40

    Identité

    M. Tremblay a fait une gaffe mais il faut aller voir derrière cette gaffe pour comprendre comment on en arrive à dire et à penser ça. On se rappellera que le monde est construit sur des mélanges de cultures causés par toutes sortes d'invasions, de conquêtes ou tout simplement de migrations. Notre culture n'échappe pas à cette réalité, provenant d'une civilsation gauloise soumise à l'infuence de Rome et, avec le temps, cela a donné le français. En Amérique du Nord, l'identité québécoise s'est développée au contact des Amérindiens et, plus tard, des Anglais puis de tous les autres pour donner l'identité québécoise qu'on connaît aujourd'hui.

    Or, l'influx de gens qui choisissent le Québec comme terre d'accueil va nécessairement influencer cette identité, comme elle l'a fait depuis déjà des décennies, et certains peuvent voir cette influence comme néfaste, tendant à « diluer » l'identité québécoise. D'autres, la majorité on l'espère, voient ces influences comme un enrichissement de l'identité alors que peut-être bien d'autres se situent entre les deux, incertains de l'avenir.

    Il n'en reste pas moins que si on sent son identité menacée par une certaine « dilution », on peut réagir très négativement car cela vise la fibre profonde d'une société. Cette situation est vieille comme le monde et on a même vu les extrêmes: persécutions, pogroms etc, en prenant certains groupes comme des bouc-émissaires. Heureusement, le Québec est loin de ça et il est important qu'il le demeure.

    Il est donc important pour tous, de ceux qui sont arrivés ici les premiers (les Amérindiens) aux plus récents, de se souvenir que l'identité québécoise est fondamentale pour la survie de ce peuple et que son enrichissement est notre but à tous.

    • Sylvain Auclair - Abonné 17 août 2012 15 h 18

      Le problème, c'est que l'identité québécoise à laquelle fait constamment référence le maire J. Tremblay est selon moi disparue depuis une quarantaine d'années.