Lettre - La CAQ et la propreté

Vous rappelez-vous le 22 avril dernier ? En ce Jour de la Terre, nous étions 300 000 citoyens à marcher dans la rue et à réclamer que l’on cesse de détruire nos écosystèmes, la biodiversité si précieuse des territoires dont nous avons la responsabilité. Nous étions 300 000 citoyens à dire NON à l’exploitation sans retenue et sans prudence de nos ressources non renouvelables, conscients que cette exploitation a souvent pour but d’enrichir d’abord les actionnaires des grandes entreprises spécialisées dans l’extraction.


Certains, ces jours-ci, vont peut-être se laisser séduire par les candidats à très grande popularité médiatique qui se présentent sous la bannière de la CAQ. Je leur demanderai de se rappeler le 22 avril et de prendre acte que la CAQ est le parti qui, entre tous, nous offre les propositions environnementales les plus anémiées. Cette grande question, pourtant cruciale pour l’avenir, ne constitue assurément pas sa priorité, probablement parce qu’elle est trop en contradiction avec ses visées comptables et affairistes.


Ce n’est pas tout : la CAQ se distingue aussi par son engagement à respecter une trêve sur le plan constitutionnel. On ne veut exercer aucun rapport de forces ou même simplement négocier avec l’instance fédérale. Le dossier serait clos et muet pour toute une décennie. Ici encore, la pauvreté de sa vision sur la qualité et la préservation de l’environnement justifie sans doute ce repli peureux et suicidaire. Pourtant, le gouvernement dirigé par Stephen Harper n’a jamais autant mis en péril nos précaires et nécessaires avancées ayant pour but de protéger l’environnement.


François Legault et son équipe nous offrent sur un plateau un parti immaculé, mais il est propre à la manière de ceux qui peuvent promettre de ne jamais se salir les mains puisqu’ils ont pris la précaution de se les couper d’abord.


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Danielle Beaulieu - Montréal, le 5 août 2012

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