Lettre - Créer son propre parti

Ça y est, j’ai trouvé le parti qui va répondre entièrement à mes aspirations. Je vais fonder mon parti, je récolterai seulement un vote, mais j’aurai voté en fonction de toutes mes valeurs. Vous comprendrez que je fais une analogie avec la multiplication des partis progressistes et indépendantistes.


Je tiens à rappeler que nous vivons dans un système électoral uninominal à un tour. La division du vote avantage la droite fédéraliste depuis des années. Je propose de voter pour le Parti québécois, parti qui, au moins, n’aurait pas vendu les droits pétroliers de l’île d’Anticosti pour un montant qu’on nous cache toujours. Imaginez le potentiel d’émancipation de la nation québécoise si ces ressources étaient avérées ! Une fois le Parti québécois élu, il faudra alors exercer sur lui des pressions afin qu’il respecte son engagement d’établir un système permettant les référendums d’initiative populaire. Nous pourrons ainsi demander aux Québécois leur opinion sur l’introduction d’une variable proportionnelle dans notre système électoral. Ce n’est qu’une fois le système électoral sera renouvelé que nous aurons le luxe de nous diviser lors du vote, pour ensuite nous former des coalitions à l’Assemblée nationale.


***
 

Jean-Michel Goulet - Le 4 août 2012

9 commentaires
  • Richard Miron - Inscrit 7 août 2012 07 h 05

    Vous oubliez Bouchard et Boisclair

    Vous avez peut-être choisi le pire exemple en affirmant que le PQ n'aurait pas vendu les droits pétroliers. Lucien Bouchard et André Boisclair, deux anciens chefs du PQ, travaillent maintenant pour soit l'industrie du gaz de schiste, soit l'industrie pétrolière. Boisclair se définissait comme un chef de file de l'écologisme dans le PQ.

    Ce qui unissait le PQ était le désir commun de faire rapidement l'indépendance du Québec. Les discours sur les "conditions gagnantes" ou la "gouvernance souverainiste" sont interprétés comme une manière de remettre aux calendes grecques le projet souverainiste. Étant donné qu'on ne ressent plus une véritable volonté d'aller de l'avant avec ce projet, il y a des gens qui vont ailleurs.

    Je ne suis pas souverainiste. Ça me permet peut-être d'avoir un regard différent sur l'avenir du mouvement indépendantiste. Il se peut que se joue l'avenir du PQ dans cette élection. La CAQ pourrait manger beaucoup de comtés péquiste et, dans une moindre mesure, QS pourait faire de même dans quelques comtés de Montréal. Le PQ se dit un petit peu à gauche, une petit peu souverainiste, un petit peu écologiste, un petit ci un petit peu ça et ça ne convainc pas...

    • Benoît Landry - Inscrit 7 août 2012 07 h 50

      Vous avez raison, le PQ a préparé le terrain , choisi les acteurs et le PLQ a continué en terminant ce que le PQ n' a pas eu le temps de finir

    • Sylvain Auclair - Abonné 7 août 2012 07 h 51

      L'avenir du PQ... on disait cela en regardant Mario Dumont aller, il y a cinq, dix ou quinze ans...

  • Sylvain Auclair - Abonné 7 août 2012 07 h 52

    C'est encore pire

    Imaginez que vous trouviez quelques dizaines de personnes partageant vos idées! Vous vous encourageriez les uns les autres, et vous seriez partis pour la gloire!

  • Mario Jodoin - Abonné 7 août 2012 08 h 30

    Et si...

    «Imaginez le potentiel d’émancipation de la nation québécoise si ces ressources étaient avérées !»

    Et si le modèle de croissance basé sur l'exploitation des énergies fossiles ne nous intéresse pas ?

    «Nous pourrons ainsi demander aux Québécois leur opinion sur l’introduction d’une variable proportionnelle dans notre système électoral.

    Non seulement le PQ n'a jamais mis de l'avant ce scrutin même s'il était dans son programme lorsqu'il était au pouvoir, mais il l'a rétiré de son programme en 2011 et a refusé l'offre de pactes de QS justement parce qu'il ne veut rien savoir du scrutin prooportionnel.

    Il préfère les élections à deux tours qui sont encore moins démocratiques que celles à un tour pour les petits partis. Et il présente cette proposition comme étant progressiste...

    • Sylvain Auclair - Abonné 7 août 2012 11 h 33

      Et pourquoi faudrait-il favoriser les petits partis? Ne faudrait-il pas plutôt travailler à construire des consensus?

    • Michel Richard - Inscrit 7 août 2012 15 h 26

      Laisser son argent dormir à la banque, dans un compte sans intérêt, c'est la même chose que laisser des énergies fossiles au fond de leur trou.
      C'est pas de la bonne gestion.
      Si on démontrait que ces énergies sont exploitables à peu près sans risque, vous voudriez pas qu'on se paye des services sociaux de pointe?
      Ah, vous me direz, ça se peut pas "presque sans risque" mais qu'en savez-vous si l'exploration n'est pas faite ?
      Ah, vous me direz, si ces ressources sont utilisées, elles contribueront au réchauffement. Préférez-vous que les Chinois ou les Américains brulent du charbon sale, ou du gaz propre ?
      C'est trop facile toujours refuser. Si 10% des ressources qu'on fait miroiter s'avèrent être là, il s'agirait d'une fortune colossale en redevances. Dans quel modèle trouverez-vous l'équivalent ?
      Ou préférez-vous qu'on regarde passer le train, sans rien faire, et qu'on laisse le monde poluer de toute façon.

    • Charles Beauchesne Armstrong - Inscrit 9 août 2012 14 h 03

      Ce serait moins pire que si nous nous mettions à polluer aussi.

  • Philippe Bourque - Inscrit 9 août 2012 10 h 49

    850 000 personnes pour demander la proportionnel, j'y crois

    Je suis d'accord avec cette opinion.

    Nous ne pouvons nous permettre de diviser le vote et le PQ est le seul parti de force qui propose une solution pour obtenir la proportionnelle. Selon leur programme, il faudra 850 000 personnes pour demander la proportionnel si le PQ est élu.

    En 2012, avec internet et les réseaux sociaux, obtenir 850 000 personnes est possible, et ce, assez rapidement.

    Tiré du programme du PQ

    (http://pq.org/actualite/communiques/le_parti_quebe

    Le droit d’initiative populaire

    Dès son entrée en fonction, un gouvernement du Parti Québécois modifiera la Loi sur la consultation populaire afin de baliser le droit d’initiative. Cette modification fera l’objet de consultations auprès de la population.

    De grands principes devraient guider l’encadrement de ce droit dont le respect de la Charte des droits et libertés de la personne, de la future charte de la laïcité et la future constitution du Québec. Toutes questions fiscales devraient être exclues de ce droit d’initiative. Pour déclencher la tenue d’un référendum, le registre devrait compter les signatures dûment enregistrées d’au moins 15 % de la population, soit environ 850 000 personnes. Les campagnes de signatures devraient se dérouler dans le cadre de règles de financement claires.

    « L’instauration du droit d’initiative populaire est un outil démocratique puissant qui offre aux citoyens une nouvelle façon de s’exprimer et d’initier des débats. Il s’agit de donner la possibilité aux Québécois de se faire entendre à l’extérieur des périodes électorales et non seulement aux quatre ans, et pour le gouvernement, il s’agit de la meilleure façon de rester à l’écoute des besoins de la population », a insisté Pauline Marois.