Lettre - La CLASSE et le néolibéralisme

Le 22 juillet dernier, la CLASSE invitait la population à descendre dans la rue pour manifester contre le néolibéralisme. La CLASSE semble vouloir élargir le nombre de causes qu’elle défend. C’est son droit. Cependant, il y a une chose que j’ai beaucoup de difficulté à supporter, c’est l’abus des termes. Qu’un groupe soit en désaccord avec les politiques du gouvernement de Jean Charest, cela ne me pose aucun problème, mais affirmer que le gouvernement actuel se comporte en gouvernement néolibéral, c’est faire preuve d’une totale ignorance philosophique, politique, économique et historique. À moins de 100 km au sud de Montréal, un candidat aux élections qui proposerait un programme électoral visant à implanter aux États-Unis les politiques actuelles du gouvernement du Québec se ferait traiter de socialiste. L’aile gauche du Parti démocrate américain serait ravie de voir s’implanter chez eux ne serait-ce qu’une partie des politiques publiques qui existent actuellement au Québec. J’espère que dans la campagne électorale qui s’annonce, les candidats et les groupes d’intérêt ne feront pas un tel abus de langage et que nous pourrons avoir des débats politiques constructifs. Comme l’a si bien dit Talleyrand : « Tout ce qui est exagéré est insignifiant. »


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Marie-Claude Trottier - Saint-Lambert, 22 juillet 2012


 
26 commentaires
  • Kevin Charron - Inscrit 24 juillet 2012 00 h 33

    Une totale ignorance philosophique, politique, économique et historique

    Évidemment, le spectre politique gauche-droite est universelle et internationale.

    Ainsi, un parti de droite au Canada, au Québec ou en Europe ne peut être dit de droite, car ailleurs, aux États-Unis, on retrouve un parti plus à droite.

    Si l'on suit votre logique, on pourrait qualifier le Parti conservateur canadien de socialiste, car plus à gauche du parti démocrate américain.

    Chaque société à son propre spectre politique, qui ne se limitent d'ailleurs par à qu'au très réducteur débat gauche-droite.

    Au Québec, le PLQ et la CAQ sont résolument de droite et, oui, néolibéraux. Pour eux, c'est l'individu au service de l'économie et non l'économie au service de la collectivité. Ils ont une vision néolibérale.

    Que les Démocrates soient plus néolibéraux que nos Libéraux ne fait pas du PLQ un parti de gauche pour autant. Affirmer le contraire, «c’est faire preuve d’une totale ignorance philosophique, politique, économique et historique. »

  • Marc-André Laramée - Inscrit 24 juillet 2012 01 h 09

    Manque de finesse...

    Quelques précisions :

    - La CLASSE n'affirme pas que le gouvernement Charest est néolibéral, elle prétend que certaines de ses initiatives sont guidées par une idéologie néolibérale, ce qui est loin d'être la même chose. Par exemple, réorienté le financement de l'éducation supérieure vers un principe d'utilisateur payeur, même si cela ne fera pas du système d'éducation québécois une institution néolibérale en raison des autres facteurs modérateurs qui entrent en jeu, est une mesure d'inspiration néolibérale.

    -La comparaison avec la politique américaine n'est pas pertinente : doit-on évaluer un concept seulement à la mesure de son pire extrême? Affirmer qu'un comportement ne peu pas être néolibéral parce qu'il serait qualifiée de "socialiste" au États-Unis est à peu près aussi rigoureux que de dire que, par exemple, le gouvernement Poutine ne commet pas de violations de droits de la personne parce qu'il apparaitrait comme "modéré" dans la Syrie de Bachar el-Assad.

  • Charbel Hanna - Inscrit 24 juillet 2012 01 h 50

    La gauche québécoise

    Mme Trottier

    Les services publics offerts au Québec ont été implantés dans les années 60 et 70, alors que la gauche, suivant la Révolution tranquille, prenait le pouvoir. C'est la gauche, la social-démocratie québécoise, qui nous a doté de tous ces services publics.

    Néanmoins, à partir des années 80, récessions aidant, les gouvernements qui se sont succédés au Québec ont insisté sur la nécessité de la réduction des impôts des contribuables et des entreprises pour favoriser l'économie (ainsi, le nombre de paliers d'imposition passant, entre 1988 et 1998, de 16 à 3). Cette réduction d'impôts, prônée par la droite qui gouvernait alors, servit ensuite d'excuse pour couper dans le financement des services publics. Pour en rajouter, nos dirigeants affirmaient qu'en période de récession, nous devions accepter les coupures dans nos droits fondamentaux.

    Si le Québec offre quelques services publics, ce n'est pas la droite qu'il faut remercier, mais la gauche. Finalement, si l'on désire protéger ces services publics, une seule solution s'offrir à nous : Dehors les néolibéraux !

    • Linda Dauphinais - Inscrit 24 juillet 2012 15 h 27

      Tout à fait d'accord... Mme Trottier vous errez dans vos commentaires visant à cautionner un gouvernement qui est de toute évidence et malgré votre lettre méprisante, un gouvernement de droite que nous pouvons à bon escient classé dans le néolibéralisme car il est là pour le privé et non pour le public. Et j'aime bien la citation de M. Talleyrand: « Tout ce qui est exagéré est insignifiant. »

      Je trouve Mme Trottier que vous exagérez dans vos propos et que vous n'apportez aucune preuve à vos allégations faciles...

  • Catherine Paquet - Abonnée 24 juillet 2012 06 h 16

    La CLASSE et le néocommunisme.

    Avec son manifeste et ses discours go-gauche, sans doute inspirés par ses partisans communistes-libertaires, la CLASSE ne propose-t-elle pas une espèce de néocommunisme à la sauce nord-américaine.

    Mettons ensemble les points forts du Manifeste, et constatons que ce qui est proposé c'est la vieille social-démocratie des pays de l'Est.

    Voyez plutôt:

    "Notre vision, c’est celle d’une prise en charge permanente de la politique par la population, à la base, comme premier lieu de la légitimité politique."

    "Lorsque nous prenons la rue et érigeons des piquets de grève, c’est cette démocratie qui respire. C’est une démocratie d’ensemble."

    "Notre grève n’est pas contre le peuple.
    Nous sommes le peuple."

    "Ensemble, nous voulons une école égalitaire qui brise les hiérarchies et qui menace ceux et celles qui croient pouvoir nous diriger en toute sécurité."

    "Nous ne versons pas dans la déclaration de principes, mais dans l’action : si nous faisons aujourd’hui un appel à la grève sociale, c’est pour rejoindre demain l’ensemble de la population québécoise dans la rue."

    Il ne manque que les grands noms de la Nomenklatura.

    • François Dugal - Inscrit 24 juillet 2012 08 h 04

      Nomenklatura: Charest, Moreau, Fournier, Pratte, Desmarais et al.

    • David Boudreau - Inscrit 24 juillet 2012 08 h 17

      Lorsqu'on a plus d'argument il faut bien sortir les épouvantails...Les extraits que vous nous proposez parlent de démocratie et d'égalitarisme, ce à quoi s'oppose le communisme.

      "Les totalitarismes du XXe siècle se sont violemment opposés à « l'égalitarisme » : Hitler a dénoncé l'égalitarisme, et Staline a dénoncé « le nivellement ‘’gauchiste’’ dans le domaine des salaires » (1931)"-Wikipedia

    • Pierre Schneider - Abonné 24 juillet 2012 08 h 51

      Ainsi donc, si on suit votre raisonnement, tout ce qui peut ressembler au pouvoir citoyen serait du communisme. Sans doute préférez-vous le pouvoir des élites intellectuelles et financières qui dominent le petit peuple dans le but de mieux contrôler ses aspirations légitimes ?

    • Michèle Poupore - Inscrite 24 juillet 2012 09 h 32

      Dis moi qui te finance et je te dirai qui tu es...

      Que la CLASSE publie sa liste de donateurs ainsi on pourra mieux comprendre ses orientations.

    • Réjean Grenier - Inscrit 24 juillet 2012 10 h 55

      Bon, lorsque quelqu'un nous dérange dans son petit confort on le traite de communiste.

      Ça, ça s'appel de l'enflure verbale.

      C'est bien connu, ici au Québec, Jean Charest
      la pratique tous les jours et personne n'ose le
      traiter de néo-communiste.

      L'homme à tous les défauts mais pas celui-là.

      Et la CLASSE non plus, d'ailleurs

      Réjean Grenier

    • Stéphane Laporte - Abonné 24 juillet 2012 12 h 39

      Je l'ai aime bien moi ces citations.

    • Simon Chamberland - Inscrit 24 juillet 2012 13 h 08

      Michèle Poupore,

      Les contributeurs de la CLASSE sont les membres auquel il faut ajouter des dons public et connus.

      Il ne faut pas verser dans les théories du complot.