Lettre ouverte à Yves Bolduc

Votre gouvernement a annoncé le 29 juin que nos impôts seraient utilisés pour relancer la mine Jeffrey. En tant que ministre de la Santé, vous savez qu’il s’agit là d’une décision absolument répréhensible dans une perspective sanitaire et sociale.

Le milieu de la santé à l’échelle internationale condamne l’exploitation et l’utilisation de l’amiante. Les arguments selon lesquels une certaine utilisation peut être sécuritaire ne tiennent pas la route dès qu’on les met en contexte. Nous allons exporter la maladie et la mort dans des pays émergents, voilà plutôt la vérité.


L’argument selon lequel cette décision est bénéfique pour la région ne tient pas la route non plus. Les gens de la région méritent bien nos 58 millions. Mais cet argent doit servir à développer une ou des industries qui leur permettront de gagner leur vie dans la dignité et d’éduquer leurs enfants dans un monde qui ne troque pas la mort des autres pour des emplois chez soi.


À titre de ministre de la Santé, vous ne pouvez vous taire et vous cacher derrière le premier ministre qui semble avoir perdu tout sens de la raison. Je vous demande de prendre la parole, au nom de la santé et des droits de la personne. La santé est un droit fondamental. Vous devez faire en sorte que cette décision délétère soit revue et que les millions prévus soient alloués en appui au développement de la région dans une industrie autre que celle de la mort.


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Maria De Koninck, sociologue de la santé - Québec, 1er juillet 2012

2 commentaires
  • André Chevalier - Abonné 3 juillet 2012 09 h 53

    Un coup de pouce à l'industrie de l'amiante

    Si Bolduc est d'accord avec son gouvernement, il devrait proposer d'inclure l'amiante dans les plans de construction du CHUM ainsi que dans tous les buraux du gouvernement et, en prime, isoler toutes les maisons des députés avec de l'amiante.

  • Jean Boucher - Inscrit 3 juillet 2012 10 h 47

    Oui il va bel et bien le faire

    « À titre de ministre de la Santé, vous ne pouvez vous taire et vous cacher derrière le premier ministre...»

    Il ne guérit plus il rend malade