Lettre - Pas de quoi être fier

Je n’en revenais pas, ce 1er juillet, de voir tous ces gens à Ottawa arborant fièrement la feuille d’érable et les couleurs rouge et blanche. Je me demandais de quoi ils étaient fiers: du Canada historique ou de celui de Stephen Harper ?

Est-ce qu’on peut applaudir un pays en pleine déchéance, quand on a un gouvernement qui encourage la torture, la pollution, qui remplace la science par l’idéologie aveugle, qui transforme la justice en vengeance répressive ? Un gouvernement qui détruit, brique par brique, autant notre belle réputation internationale que nos institutions démocratiques au pays.


Au nom de quoi ? De l’économie ? Peut-être plus pour satisfaire leurs amis riches et puissants qui préfèrent s’enrichir davantage en exploitant la populace plutôt que de partager avec les plus pauvres.


Un sac de papier troué sur la tête serait bien plus de mise qu’un chapeau à feuille d’érable pour exprimer mon sentiment envers ce pays. Un pays dont la Chine et la Russie diront bientôt : « Mais avez-vous vu comment est géré ce Canada ? Il n’y a vraiment pas de quoi être impressionné. »


***
 

Jeannot Vachon - Québec, 2 juillet 2012

6 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 3 juillet 2012 05 h 10

    Le «Canada historique» ou celui de Stephen Harper : aucune légitime fierté !

    Si le Harperland est des plus rétrograde et désolant, qu’en est-il de ce «Canada historique» évoqué par Jeannot Vachon ?

    Ce n’est évidemment le pas le Canada, c’est-à-dire une nation francophone conquise et dépossédée de son identité par les Britanniques qui était fêté «ce 1er juillet (…) à Ottawa», mais la fiction d’une nation inexistante qui tente de se faire passer pour le «Canada historique».

    Sous les apparences d’une ritualité de pacotille élaborée dans la confusion du pillage des symboles identitaires de la nation francophone (nom “Canada”, feuille d’érable, hymne “O Canada”, etc.), c’est la triste fête d’un État commercial et industriel dominé par une nation néobritannique qui se déploie dans son indignité habituelle, alors que ce qui serait un devoir de mémoire en ce qui concerne les francophones et les autochtones, devient un diktat d’amnésie, maquillé éventuellement par des mises en scènes folklorisantes.

    Que ce soit à propos du Harperland ou du système de domination instauré par la Conquête, il n’y a aucune raison légitime de faire étalage de fierté, à moins que celle-ci ne soit malencontreusement confondue avec l’arrogance des vainqueurs !

    Yves Claudé

  • Mario K Lepage - Inscrit 3 juillet 2012 07 h 28

    Responsables?

    La Chine et La Russie n'ont de leçons à donner en personne... La vérité est que nous sommes tous responsables de ce qui se passe chez nous et à travers le monde. La politique de Stephen Harper n'est que le reflet de notre égoisme face à nos frères et soeurs qui se meurent autour et ailleurs dans le monde.
    Nous préférons fermer les yeux devant la faim, la misère, la guerre qui affligent plus d'un milliard d'individus, trop occupé devant nos télés et notre surconsommation. À quand la révolution du coeur?

    • Jaber Lutfi - Inscrit 3 juillet 2012 08 h 29

      Nous ne sommes pas tous responsables.

  • Patrice Hildgen - Inscrit 3 juillet 2012 09 h 18

    À lire pour comprendre

    Pour comprendre cette manipulation historique, médiatique et politique, il faut lire Propagande, médias, démocratie de Noam Chomsky

    • Raymond Chénier - Inscrit 3 juillet 2012 22 h 42

      Ou bien d'une optique beaucoup plus vaste, celles d'Erich Fromm.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 3 juillet 2012 12 h 49

    Le fossé s'élargit ...


    Le fossé entre le ROC et le Québec s'élargit sans cesse. Les épisodes de monarchite aigüe et de fierté ( ?) militariste chez Harper et son gouvernement ultra-conservateur, droitiste, fondamentaliste et rétrograde nous révèle une fois de plus que les Québécois ne se reconnaissent pas dans ce pays bancal qu’est le Canada.

    On constate de plus en plus que les valeurs et les priorités du Canada ne sont pas représentatives de celles du Québec. Ainsi les récentes nominations d’unilingues anglophones à des postes-clé par Harper et son gouvernement ultra-conservateur, droitiste et rétrograde.

    Le Canada est sorti de la tête des Québécois. Le Canada aux deux peuples fondateurs est mort, grâce à l’intransigeance du Canada anglais envers les francophones depuis l’Acte d’Union, le million de Métis anglicisés de force, le règlement 17 en Ontario, et l’hypocrisie actuelle du bilinguisme de façade. Et le souffle congelant de la droite Harpeurienne.

    Harpeur oublie le Québec et les Canadiens-Français. Réciproquement, beaucoup de Québécois ne se sentent plus aucun lien avec ce Canada bancal, à part le fait de se faire siphonner la moitié de leurs impôts par un gouvernement va-t-en-guerre ( 5 milliards de $ venant du Québec pour la guerre en Agfghanistan), constructeur de prisons, royaliste, etc.

    Le Canada n’est pas UN vrai pays, il y a en réalité DEUX pays au nord du 45e parallèle.

    Deux langues, deux mentalités, deux pays.

    Se pourrait-il que le Canada (i.e. le ROC) ait un grand intérêt économique (sûrement pas amoureux) à conserver le Québec dans le Canada? Ce ne sont pas nos beaux yeux qui les attirent, mais nos immenses richesses naturelles. On se fait harponner. Et pas à peu près.

    Vive le Québec républicain, francophone et souverain!