Lettre - Victoire collatérale

Au nombre des dommages collatéraux causés par les offensives malsaines du Parti libéral du Québec, on peut compter le discrédit jeté à la face des policiers, le doute sur l’intégrité des juges, l’honnêteté biaisée des maisons de sondages et même, mardi, la crédibilité des météorologues. Coudonc ! Ont-ils fait exprès pour nous assurer qu’il y aura des orages tout l’après-midi au-dessus des manifestations à Montréal ?

Mais il y a aussi une victoire collatérale inattendue.


Avec toutes ces soirées animées aux chaudrons et cuillères, ces manifestations improvisées dans les différents coins de la ville, il souffle un vent de fraîcheur dans les rues de Montréal : les voisins se voient. On associe des visages, souvent entrevus mais jamais remarqués, à des événements communautaires importants pour tous. Le lien vient de se faire entre la maison, le quartier, la politique locale, la politique nationale et la politique internationale.


Désormais, les gens vont se saluer, se parler. Maintenant, mine de rien, s’amorcent entre voisins des rencontres, des discussions, des veillées sur les perrons et sur les balcons de Montréal. Le voisinage sera de moins en moins étranger. Ça, c’est une vraie de vraie victoire politique !


Il faut répéter ce tapage sympathique, éventuellement sous d’autres formes, jusqu’à ce que le territoire soit entièrement occupé par des voisins qui se reconnaissent, se parlent, se fréquentent au hasard des jours et se connaissent au fil des ans. C’est comme ça qu’on habite un lieu, c’est comme ça que nous devenons citoyens.


J’ai le coeur gonflé de joie.

À voir en vidéo