Lettre - Le carré blanc de la paix

Monsieur Charest, depuis plusieurs semaines nos repas de famille sont colorés par la fougue de nos filles engagées, comme des milliers d’autres jeunes, dans la lutte contre la hausse des frais de scolarité. Elles n’ont pas réussi à nous faire porter le carré rouge mais elles et leurs amis ont gagné toute notre admiration. Tout nous portait à croire que leur génération, désabusée par nos abus, ne s’intéresserait pas au bien commun et encore moins à la politique. Tout au contraire, comme des milliers de parents, nous avons découverts ce printemps que nos jeunes sont extrêmement articulés et engagés. Une véritable bouffée d’espoir dans un monde de plus en plus vicié par les scandales de corruption et les catastrophes environnementales.

Au cours des dernières semaines, la voix de nos enfants se sont jointes à celles de milliers de jeunes pour attirer notre attention sur les véritables enjeux du développement durable, celui de notre jeunesse, de cette force vive qui prendra bientôt notre place pour guider notre société. À chaque fois qu’ils quittaient la maison, nous étions fiers et inquiets. À chaque fois, nous ne dormions pas avant qu’ils rentrent à la maison.

En fin de semaine, Monsieur Charest, tout a basculé. On a mis en danger la vie de centaines de jeunes, la vie de ces jeunes qui portent l’espoir d’une société meilleure, la vie de ces jeunes qui forment notre seule véritable richesse. Il n’y a aucune cause ou calcul politique qui ne vaille la vie d’un seul de nos jeunes.

En fin de semaine, Monsieur Charest, la vie de Dominique, de Mathilde et celles de leurs amis a basculé. L’horreur qu’on est habitué de voir le soir au journal télévisé et qu’on a peine à comprendre, cette horreur était dans nos rues, elle est entrée dans la vie de nos enfants.

Monsieur Charest, nos enfants ne sont pas les seules ni les premières. On n’a pas oublié Francis, Alexandre et Maxence et tant d’autres dont la vie a été boulversée depuis le début du conflit. Il vous faut mettre fin aux hostilités avant que nous mettions la vie d’autres jeunes en danger. Nous vous demandons, à vous ainsi qu’à tous les parents du Québec, de porter dès aujourd’hui le carré blanc, pas le drapeau blanc de la reddition, le carré blanc de l’armistice.

Le CARRÉ BLANC pour demander au gouvernement du Québec de mettre fin immédiatement à la crise sociale qui a mis en danger la vie de centaines de jeunes.
Le CARRÉ BLANC parce que malgré 1 3 semaines de perturbations aucun véritable dialogue n’a pu être établi entre le gouvernement et les étudiants.

Le CARRÉ BLANC pour demander au gouvernement du Québec un moratoire sur le projet de hausse des frais de scolarité.Le CARRÉ BLANC parce que depuis 13 semaines nos enfants crient à tue tête qu’ils veulent participer à construire un monde meilleur, un monde plus juste.

Le CARRÉ BLANC pour dénouer l’impasse.

Le CARRÉ BLANC pour demander au gouvernement du Québec de mettre en place dès l’automne prochain un véritable processus de consultation pour débattre avec les étudiants de l’importance de l’éducation dans notre société et de son financement.

Il est urgent Monsieur Charest de nous sortir de ce qui devenu une véritable crise sociale. Nous avons besoin de tous ces jeunes qui ont vécu ce printemps un éveil rapide à la vie politique, qu’ils aient porté le carré rouge ou le carré vert, ils sont notre espoir pour la suite et nous avons le devoir de les protéger.

La seule option responsable Monsieur Charest est d’imposer un moratoire. Un moratoire pour protéger la vie des jeunes, un moratoire pour écouter ces jeunes qui crient leur désir d’un monde meilleur, d’un monde plus juste.

Le CARRÉ BLANC parce qu’on a mis des jeunes au monde et qu’on devrait peut être les écouter.

Portez le carré blanc.com

Des parents fiers et inquiets

Dolorès Martineau et Charles Laliberté
Janie Giard et Robert Michaud

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16 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 10 mai 2012 11 h 32

    Quel sens au carré blanc?

    Votre carré blanc semble porter exactement le même message que le carré rouge, mais le blanc est habituellement la couleur de la reddition. Comment comprendre le message qu'il véhicule?

    • Christian Lamontagne - Inscrit 10 mai 2012 13 h 21

      Le message est celui d'un cessez-le-feu, d'un moratoire pour prendre le temps d'étudier tous les aspects de la question. C'est une excellente idée qui rejoint tout à fait le texte de M. Inchauspé dans Le Devoir d'aujourd'hui.

      J'en suis.

    • Sylvain Auclair - Abonné 10 mai 2012 15 h 15

      Et ça s'adresse à qui? Aux étudiants, qui devraient cesser toute pression, ou au premier ministre, qui devrait être prêt à remettre en cause son intention de hausser les frais de scolarité? Vous savez, si on arrête tout, ça veut dire que le gouvernement a gagné. C'est sans doute pour cela que M. Charest partage votre opinion et invite les étudiants à rentrer chez eux.

  • Monique Thibault - Inscrite 10 mai 2012 11 h 32

    Un moratoire pour que ça cesse!

    Oui, moi aussi, je suis inquiète pour la sécurité de nos enfants. Il faut que le gouvernement agisse en adulte et cesse de mépriser les jeunes.
    M. Charest, soyez responsable et arrêtez l'escalade!

  • Jean-Louis Tanguay - Inscrit 10 mai 2012 14 h 29

    ET LA RÉALITÉ COMME RAPPEL?

    Si j'étais parent d'un soi-disant étudiant gréviste -- en réalité un boycotteur de ses cours -- je lui rappellerais qu'il n'y a rien de gratuit dans la vie, sinon l'amour de ses parents : cherche plutôt le vrai payeur. Lui, ou ses parents ou l'État, à court terme. Ou lui, à long terme, comme contribuable éventuel -- s'il reste au Québec comme diplômé universitaire, à condition de compléter ses cours avec succès.

    En attendant, " bosse", mon fils, et cesse de te prendre pour un gréviste qui prive son patron de sa précieuse production -- le patron, dans ce cas-ci, C'EST TOI que tu prives!

    En anglais, c'est un 'reality check' ou 'wake-up call'. En fait, le conseil vaut pour le Québec en son entier!

    • Annie Cloutier - Inscrite 10 mai 2012 17 h 57

      Bonjour Jean Louis

      Ma fille fait partie du mouvement étudiant et je l'appui entièrement.

      1- depuis son primaire je lui répète que l'important ce sont les études pour bien se préparer à sa vie adulte

      2- lorsqu'elle a voulu avoir un emploi à la fin du secondaire nous avons conclu que 10h serait suffisant... pour ne pas nuire à ses études.

      3- Au cégep et à l'université elle travaille maintenant 20h semaine et va à l'école temps plein; donc des semaines de plus de 50h.

      Je crois sincèrement que la plupart des étudiants font leur part, bosse et travaille comme vous le dites.

      Devrions nous les appuyer ? Je crois que oui. Ils rejoindront très bientôt le marché du travail et seront contribuables, gagneront de bons salaires et rapporteront en impôt.
      L'éducation est pour moi comme la santé. Au delà de l'individu il y a le collectif.

      Pendant que l'on nous demande de faire notre juste part, les impôts des sociétés ont passé de 55% à 19% ces dernières années, sans compter l'ensemble des évasions fiscales. Allez lire M. Lauzon de temps en temps.

    • Julie Blaquière - Inscrite 10 mai 2012 21 h 01

      Je crois que beaucoup de gens aimeraient vivre dans une société où les individus sont heureux de faire un travail qu'ils aiment dans une saine compétivité. Le travail n'est un problème pour personne, enfin je crois, c'est l'argent qu'on lui attibue qui l'est ainsi que celui qu'on donne à un état qui ne nous rend pas plus heureux et qui rend des gens comme vous si amer.. Quand on aime son métier on n'est pas en train de critiquer ceux qui sont en train d'en apprendre un, au contraire on est en train de les encourager pour qu'ils vivent le plus tôt possible le même bonheur que nous.

  • France Martin - Inscrite 10 mai 2012 14 h 55

    Lettre à mes fils et mes filles du Québec


    Victoriaville, le jeudi 10 mai 2012

    Mes chers enfants,

    Permettez-moi un préambule pour me faire connaître. Je suis enseignante, retraitée depuis 2 ans. Adolescente, j’ai toujours dit que je ne serais jamais enseignante. À quelques heures de la limite pour les inscriptions, toujours dans l’indécision, j’ai coché « Enseignement» pour deux raisons : j’aimais les vacances et j’aimais plus les enfants que les adultes. C’est à 50 ans que j’ai commencé à divulguer ces raisons peu glorieuses car j’ai découvert que j’étais née enseignante et qu’aimer les enfants est un pré-requis incontournable pour enseigner.


    Vous vous doutez bien qu’on ne passe pas 35 ans avec les jeunes sans plusieurs petites et grosses montées de lait, ceci dit pour vous avouer que, moi aussi, comme bien d’autres, j’ai «chiâlé» contre les enfants-rois, les cartes de mode dans les classes, les cellulaires … À ma décharge, j’étais consciente qu’un enfant ne se gâte pas lui-même. CE SONT LES ADULTES QUI GÂTENT OU NE GÂTENT PAS la génération qui les suit. Or, votre décision de vous lever debout m’a lancée dans la quête de ma vérité.

    ÉVEIL DES CONSCIENCES

    C’est ici que bien humblement je vous adresse mon premier merci. Mon gouvernement a eu l’audace de vous utiliser pour mettre en place une mesure déraisonnable et la faire accepter comme juste. Ses visées réelles me sont encore obscures. Victime de cette tactique commune, j’ai d’abord pensé qu’il faut bien payer. Le début de votre grève et le gros monstre 75% de hausse m’ont pourtant forcée à me mettre en mode réflexion. Merci sincèrement de m’avoir obligée à réfléchir avant de réagir. Plusieurs lectures plus tard, vous m’avez aidée à refuser le rôle de pantin trop souvent offert au peuple par des dirigeants habiles et souvent peu scrupuleux : 75% est DÉRAISONNABLE. Vous avez refusé de faire comme nous : garder silence et payer pendant

    • France Martin - Inscrite 10 mai 2012 21 h 29

      Pour le texte complet Les parents contre la hausse sur facebook.

  • Yvon Bureau - Abonné 10 mai 2012 15 h 46

    Moratoire-Retour en classe-Rencontres

    Les seuls mots aux maux d'aujourd'hui :
    - MORATOIRE jusqu'à décembre 2012
    - Retour en classe dès lundi prochain
    - Rencontre hebdomadaire Gouvernement et réprésentants des étudiants et autres représentants appropriés.

    Gagnants-Gagnants

    Ne mettons plus pour le moment la vie et la santé des étudiants, des professeurs, des policiers et de la population.

    Ne laissons plus aux casseurs un terrain de plus en plus fertile à leurs actions destructrices.