Lettres - Autoritarisme sans réserve

C’est dans cette perspective hautement électorale qu’il faut comprendre l’attitude négativiste de Line Beauchamp, une attitude qui ne s’explique que par le désir du gouvernement d’en appeler à la population pour résoudre l’impasse actuelle. Or, il faut bien voir que cette impasse a été créée de toutes pièces et qu’elle a été maintenue artificiellement par le gouvernement jusqu’à aujourd’hui, moment maintenant jugé opportun par Jean Charest pour une éventuelle victoire électorale.


Car, malheureusement, Jean Charest n’a qu’une seule idée en tête : se faire élire pour un autre mandat. Obsédé par le pouvoir, peu importe pour cet homme les dégâts collatéraux qu’une telle victoire électorale peut occasionner. Que des étudiants perdent leur session, que Montréal soit vandalisé, que des étudiants et des policiers se fassent massacrer, que des millions de dollars soient perdus inutilement dans ce conflit, peu lui importe, pourvu que la population oublie pour un moment, grâce à l’ampleur du conflit étudiant, la commission d’enquête et la corruption qui ronge son gouvernement. Autrement dit, toute sa stratégie dans la gérance du conflit étudiant consiste à trouver un instant propice à sa réélection…


Devant autant d’acharnement d’un seul homme à masquer la réalité pour garder le pouvoir, on ne peut que s’interroger sur le type de démocratie en cours. Disons qu’actuellement, le Parti libéral du Québec est le parti d’une seule personne, et ce n’est pas normal ! Faisant preuve d’autoritarisme sans réserve, Jean Charest joue présentement avec ses ministres comme avec des pions. Car il s’agit pour lui de gagner la partie : pas celle du Québec, mais uniquement la sienne, et cela, envers et contre tous !

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Pierre Desjardins, Philosophe - Montréal, le 26 avril 2012

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