Lettres - La rupture Sud-Nord

Le sixième sommet des Amériques s'est conclu en fin de semaine sans arriver à un accord signé par les mandataires des pays participants. Cette rencontre de pays des Amériques permet de voir que les intérêts de caractère éminemment commerciaux et de défense des États-Unis et du Canada se voient confrontés à un refus de la part de plusieurs pays à se laisser imposer un ordre du jour de travail qui ne correspond pas à leurs besoins et intérêts.

Avec la création de blocs commerciaux comme le Mercosur, le Caricom, l'ALBA, Comunidad andina, les pays ont développé des marchés et des accords de coopération dans plusieurs domaines: énergie, agriculture, santé, éducation, environnement, technologie, etc. Cuba fait partie intégrante de plusieurs de ces blocs, donc les mandataires latino-américains demandent la présence de Cuba dans un prochain sommet.

À l'exception du Pérou et de la Colombie, deux pays qui ont signé des accords de libre-échange avec le Canada et les États-Unis, les autres pays latino-américains défendent la souveraineté de leur territoire et travaillent pour que l'exploitation des ressources naturelles et le commerce contribuent à l'amélioration des conditions de vie de leur population. Même le dollar comme monnaie d'échange est mis à l'écart avec la création de la Banque du Sud, à laquelle participent les pays membres de l'ALBA dont la devise est le sucre. Les États-Unis et le Canada sont confrontés à une nouvelle réalité dans la relation néocoloniale entretenue avec les pays latino-américains. Le rapport de forces a changé parce que l'Amérique latine ne dépend plus exclusivement des États-Unis et du Canada pour faire du commerce; les pays latino-américains ont des associés plus importants dans les pays asiatiques.

***

Clara Rodríguez - Québec, le 16 avril 2012

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.