Lettres - J'aime moins la télé publique qu'avant

Étant un fervent amateur de télévision publique, de journalisme d'enquête et d'analyse, et non abonné au câble ou au satellite, les compressions du gouvernement Harper à l'endroit de Radio-Canada devraient normalement me désoler.

Mais devant ce qu'est devenue ma télé publique, je suis moins triste, le deuil ayant déjà été fait. Tous les jours à la radio de Radio-Canada on m'annonce le programme de Grands reportages à RDI. Mais ma télé publique hertzienne et gratuite me propose plutôt des émissions légères, quiz, variétés et talk-shows. Les beaux dimanches, lieu de création artistique, ont fait place à une mégaplogue de variétés qui s'offre le luxe de tasser le téléjournal. Au moment où les conservateurs annoncent leur budget, Radio-Canada prépare un nouveau talk-show.

Ces coupes seront-elles l'occasion pour Radio-Canada de se recentrer sur sa mission, ou de sabrer tout ce qui coûte de l'argent et de l'intelligence pour se replier sur des émissions de variétés comme la télé privée en produit déjà, elle aussi bien souvent à même les fonds publics et autres crédits d'impôt à l'insignifiance?

***

Luc Le Blanc - Montréal, le 5 avril 2012

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15 commentaires
  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 10 avril 2012 06 h 28

    Le droit à l'information

    Dans les régimes oligarchiques, le droit à l'information, comme le droit à l'éducation, est relié à la fortune relative du citoyen: plus tu as de l'argent, mieux tu seras renseigné et éduqué.

  • France Marcotte - Abonnée 10 avril 2012 07 h 58

    La télé des pauvres


    Télé publique pas de câble ou satellite, télé pour les pauvres, pour l'idée que les diffuseurs se font des pauvres (incultes et superficiels).
    On offre aux pauvres ce qu'on pense, d'après les préjugés que l'on a, que les pauvres peuvent gober, ce qu'ils méritent, tout en faisant pression sur les autres pour les pousser vers le câble (dans les câbles..).
    Et faire de la publicité à la télé des pauvres pour inciter les gens à s'abonner aux chaînes spécialisées pour y retrouver tout ce qu'ils ont perdu à la télé publique a quelque chose de cruel, d'indécent.

    Et bien gardez-là votre télé, on s'instruira ailleurs!

    • Michel Simard - Inscrit 10 avril 2012 09 h 09

      Chez nous, nous avons réglé le problème. Il y a longtemps que nous ne regardons plus Radio-Canada et le câble est devenu d'un ennui incommensurable (les seules chaînes sque nous écoutons étant TV5, TFO, RFO, PBS, BBC et parfois d'autres, les multiples chaînes spécialisées affiliées à Astral-TVA-SRC, pas capable d'endurer ça plus que 5 minutes, copier coller des chaînes américaines). Alors, nous nous rabattons sur Internet, chaînes dans toutes les langues en prime. Et plus aucuns frais de câble.

    • Slo Mo - Inscrit 11 avril 2012 03 h 01

      Pas de téléviseur c'est encore mieux. Comme dans <<The science of sleep.>> Allez hop, on balance ça cette cochonnerie.

      Lecture à propos: <<TV Lobotomie>> de Michel Desmurget. On peut cesser la consommation drastiquement, c'est pas aussi pire que l'héro.

  • Yvon Bureau - Abonné 10 avril 2012 08 h 40

    Divertissement à tout prix

    Quand Radio-Canada souffre de «divertissementite» aigue, nous en perdons tellement en vision sociétale.

    Ne vous arrive-t-il pas, souvent même, d'être tannés de rire? Souvent jaune ?

  • Jean Richard - Abonné 10 avril 2012 08 h 41

    S'adapter ou disparaître

    Pour M. Harper et son gouvernement de droite, tout ce qui s'appelle société d'état doit un jour disparaître.

    Dans le cas de la radio et de la télévision, on aimerait peut-être en revenir à ces jours où les gouvernements pouvaient en faire des outils de propagande, ce qu'on a à demi réussi avec Radio-Canada. Mais comme ça devient de plus en plus difficile, il vaut mieux miser sur sa disparition.

    Dans un élan d'optimisme, on pourrait rêver de voir Radio-Canada transformer son nouveau régime minceur en politique de recentrage sur sa mission d'origine. Hélas, le réalisme chasse très vite l'optimisme. La probabilité que Radio-Canada remette la qualité et l'information à l'ordre du jour est très mince. Car ce n'est probablement pas ce que le gouvernement Harper souhaite.

  • Samuel Pothier - Inscrit 10 avril 2012 09 h 33

    Radio-Bourgeois

    Malgré toute l'intelligence que certains artisans on su prodiguer à Radio-Canada, cette chaîne de télé aura toujours été un puissant reproducteur de l'idéologie capitaliste.

    On y accorde aucune véritable tribune aux points de vue anarchistes, communistes, écologistes, anticapitalistes, etc. On ne cherche qu'à divertir le bon peuple, lui faire accepter docilement ses 8 heures de travail quotidiennes.

    Les chaînes privées et Télé-Québec ne font guère mieux, à vous de juger !