Lettres - La fin d'un temps nouveau

Si on se demande quoi, des principes ou de l'intérêt, a le plus de chances de mobiliser les foules, on a eu la preuve le 22 mars de l'efficacité qu'on atteint quand on a les deux.

Au-delà de la bataille des droits de scolarité et de la défense du «droit» à l'éducation supérieure, je crois que les Québécois sont sortis dans la rue pour pleurer la fin d'une époque. L'époque qui a commencé avec Renée Claude qui chantait «le début d'un temps nouveau» et qui s'achève aujourd'hui avec les funérailles de l'État-providence. J'ai connu ce temps où l'avenir semblait ouvert et la prospérité, un acquis, où l'on avait les moyens de nos désirs et de nos ambitions. Je comprends que les jeunes de maintenant puissent se sentir lésés.

Le 22 avril, Jour de la Terre qui coïncide avec le Rassemblement pour le bien commun, seront-ils autant à se déplacer pour une cause qui ne touche pas leur porte-monnaie à court terme, mais qui concernera bientôt l'avenir de l'humanité au complet?

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Sylvie Cloutier - Le 23 mars 2012
3 commentaires
  • Chantal_Mino - Inscrite 26 mars 2012 07 h 04

    Mme Cloutier !

    Le 22 avril 2012, Jour de la terre qui coïncide avec le Rassemblement pour le bien commun, est aussi et surtout pour la cause des étudiants, nos enfants, le futur de notre société, contre la hausse de scolarité qui dépasse largement la perception de leur porte-monnaie pour toute personne empathique et solidaire au bien commun, car il s'agit de l'accessibilité aux études supérieures pour tous, de leurs réussites, et ce, sans discrimination de la provenance socio-économique de l'étudiant(e).

    Je vous rappellerai également que ce rassemblement pour le bien commun, c'est eux qui l'ont inspiré avant tout, alors un peu de respect à leur égard serait bienvenue. Tous ces jeunes sont ceux qui ont une place privilégiée à ce printemps québécois, car ils ont su être espoir et persévérance en partant des Indignés jusqu'à maintenant et ont su insuffler chez des citoyens comme vous, un certain sens du bien commun en les sensibilisant sur les points où ils seront touchés.

  • Dominique Tardif - Inscrit 26 mars 2012 08 h 48

    Madame,
    J'ai bien aimé votre lettre, mais je trouve réducteur qu'en conclusion vous réduisiez la question étudiante à un simple intérêt pécuniaire à court terme, surtout si l'on tient compte du bénéfice dont ces deux grandes questions, l'environnement et le bien commun, pourraient bénéficier grâce à un plus haut niveau d'éducation de la société québécoise.

  • Maria Hotes - Inscrite 26 mars 2012 11 h 28

    L'intérêt ne s'oppose pas au principe

    N'est-il pas dans notre plus grand intérêt que de lutter pour nos principes? La cause étudiante, comme la cause environnementale, touche à la fois les principes et l'intérêt. Car nous avons tous intérêt à vivre dans une société juste et équitable. Or, si l'humanité elle-même est mise en péril par les enjeux environnementaux, il n'y aura ni justice ni équité. Un environnement sain est, si l'on veut, condition de possibilité de toute justice et de tout intérêt.

    Je comprends par ailleurs très mal ce portrait de l'étudiant-gréviste qui serait uniquement mu par ses intérêts personnels, alors que les étudiants actuels ne subiront pas le plus drastiquement la hausse des frais.