Lettres - Vision manichéenne

Dans sa lettre au Devoir datée du 27 février 2012, M. Frédéric Dupuy nous offre sa vision du monde universitaire. D'une part, il y aurait les «institutions prestigieuses dont une certaine Université McGill» (sic) et d'autre part les institutions peuplées de «professeurs qui n'auront pas obtenu un poste dans une université anglophone et d'étudiants recalés de leurs premiers choix» (sic). Je présume qu'il s'agit ici, dans l'esprit de M. Dupuy, de notre institution.

Mettre en doute ainsi le calibre de nos étudiants et de nos professeurs est franchement choquant et je me dois de répliquer. Cette vision manichéenne du monde en dit long sur la conception que M.Dupuy se fait du Québec et du monde universitaire. Au risque de froisser sa vision, j'aimerais informer M. Dupuy qu'à l'échelle internationale, des organisations de grande réputation telles que Financial Times, BusinessWeek et Forbes ainsi que le journal Le Monde placent HEC Montréal parmi les meilleures écoles de gestion du monde. Tant pour les publications scientifiques, diffusées dans les périodiques les plus renommés, que pour l'obtention de fonds de recherche, nos professeurs se classent parmi les meilleurs au Canada, devançant en cela les prestigieuses institutions qui semblent tant faire l'envie de M. Dupuy. Quant à nos étudiants, j'aimerais informer M. Dupuy qu'ils se classent systématiquement parmi les meilleurs au Canada et au monde (eh oui!) lors de compétitions internationales ou encore lors d'examens tels que ceux des ordres comptables. Pas trop mauvais pour des «recalés de leurs premiers choix».

Si M. Dupuy se plaît encore à considérer que des institutions telles que HEC Montréal ne peuvent rivaliser avec les McGill de ce monde et que nous sommes forcément nés pour un petit pain, qu'il prenne note qu'à HEC Montréal nous avons déjà, et depuis longtemps, fait la preuve du contraire.

***

Jacques Nantel, Ph. D. - Secrétaire général, HEC Montréal - Le 28 février 2012

À voir en vidéo