Lettres - Heureuse d'étudier au Québec

Quand je déclare à mes amis étudiants québécois que je suis vraiment très contente d'effectuer dorénavant mes études au Québec et que l'université québécoise me semble d'une bien meilleure qualité que l'université française, ils sont souvent étonnés.

Et pourtant, je regrette si peu d'avoir quitté la «prestigieuse» Sorbonne pour l'Université de Montréal... Dans mon département de philosophie, l'environnement d'étude est en effet très stimulant: les professeurs sont disponibles, les cours sont de bonne qualité, l'association étudiante très active, nous avons une revue et de nombreux colloques sont organisés, je me sens appartenir à une communauté d'étude. À la Sorbonne, j'avais l'impression d'aller à l'université comme d'aller magasiner... Je m'asseyais, je prenais des notes et je repartais... rien de plus... Pas d'échanges avec les professeurs ni avec les autres étudiants, pas ce sentiment d'appartenir à un groupe... Certes, la facture n'était pas très chère, et c'était bien la seule bonne chose!

Aujourd'hui, ma participation à une communauté d'étude qui me donne beaucoup fait que je me sens responsable de vouloir la défendre, que je me sens responsable de me battre contre la hausse des droits de scolarité: je ne veux pas que l'université québécoise devienne inaccessible à certains d'entre nous, je veux qu'elle reste et qu'elle approfondisse ses atouts, à savoir être une université accessible et un lieu d'échange de réflexions et d'idées, un lieu de stimulation intellectuelle que je n'ai pas trouvé en France. Je veux qu'elle reste et qu'elle se rapproche davantage de mon idéal: une éducation publique de qualité. Or ce n'est pas le tournant que veut lui faire prendre le gouvernement actuel et il me semble toujours dangereux de s'éloigner de ses idéaux...

Bref, je suis heureuse d'étudier au Québec et je veux que cela continue.

***

Blandine Parchemal - Université de Montréal, le 20 février 2012

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20 commentaires
  • Darwin666 - Abonné 22 février 2012 01 h 26

    Merci de ce témoignage!

    Mais, si vous regardez les commentaires qui suivront le mien, vous lirez sûrement quelques propos déplacés envers les étudiants étrangers et les conséquences monétaires des ententes d'échanges entre le Québec et la France. Ne vous en faites pas, nous sommes habitués, mais, comme vous, sommes nombreux à apprécier l'apport de ces échanges culturels!

  • Dominique Beaulieu - Inscrit 22 février 2012 06 h 09

    Exemple : Allemagne

    Pendant ma maîtrise en informatique en Allemagne, entre 2004 et 2007, comme étudiant étranger, je payais 125 EUR par session! Nous avions de la qualité, nous échangions entre étudiants, nous échangions avec les professeurs, même à l'extérieur des cours, les profs étaient chaleureux et amicaux et nous avions le sentiment d'appartenir à une communauté. Un prof nous a même invité chez lui à l'occasion d'une marche au flambeau, tradition qui consiste à se rendre chez le professeur avec des flambeau pour le convaincre de refuser l'offre de l'université concurrente et de rester avec nous. C'est le professeur Joachim Weickert, le plus apprécié des professeurs à l'Université de la Sarre.

    Maintenant je suis au doctorat en génie électrique à l'Université Laval, très content d'y être, et je participerai à la manifestation contre la hausse des droits de scolarité demain à Montréal. Que le gouvernement Charest demande à ses ti namis de la construction et qui aille chercher l'argent à Ottawa avant d'endetter les étudiants. Ah c'est vrai, c'est trop lui demander que de se tenir debout devant Ottawa, il ne faudrait pas donner des arguments au méchants séparatisssssss.

  • Dominique Beaulieu - Inscrit 22 février 2012 06 h 12

    Les ententes France-Québec sont une très bonne chose ...

    ... sauf quand on paye pour les envoyer étudier à McGill et Concordia!

  • Michel Patrice - Inscrit 22 février 2012 06 h 19

    Merci, et une suggestion

    Merci beaucoup Mme Parchemal, c'est gentil.

    À propos des étudiants étrangers, nous devrions faire et nous devrions faire mieux. Je vous invite tous à lire le billet de Jean-Benoit Nadeau et Julie Barlow qui proposent certaines politiques de ce qui serait une certaine "politique culturelle québécoise".

    http://nadeaubarlow.com/la-prime-au-francais/

    Il ne s'agit pas ici de seulement défendre le français, mais d'utiliser le français à notre avantage. L'attaque n'est-elle pas la meilleure défense?

    Michel Patrice

  • lucge - Inscrit 22 février 2012 06 h 24

    Merci!

    Je n'ai pu m'empèché d'émettre une réaction à la suite de votre lettre. Ici au Québec, madame, nous sommes champions dans ce que j'appellerais " l'auto bashing", l'auto flagellation. Nous avons un ancien premier-ministre qui dit que nous paresseux, peureux. Tout ceci à part de mes semblables qui affirment que tout est mieux ailleurs! Je n'ai pas beaucoup sortie, à l'exception des États-Unis, la France à 3 reprises, la ville de Rome dernièrement, et en toute objectivité, nous avons tort de nous auto critiquer si durement.

    Merci