Lettres - D'autres choix sont possibles

Récemment, le sénateur Boisvenu et le ministre Vic Toews ont exprimé l'intérêt convaincu du gouvernement Harper envers la peine de mort et envers la torture comme procédé pour obtenir des renseignements permettant éventuellement de sauver des vies canadiennes. Ce gouvernement a montré par le passé son intérêt pour la peine de mort. Il a aussi fait preuve d'un désintérêt total quant au sort de prisonniers afghans détenus sous la responsabilité de militaires canadiens, et qui, une fois transférés aux autorités afghanes, ont été torturés.

En parlant et en agissant de la sorte, le gouvernement Harper montre sur ces deux points une proximité idéologique avec des pays dont les gouvernements pratiquent la peine de mort et la torture. Parmi eux on compte la Chine, la Russie, l'Arabie saoudite, l'Iran et les États-Unis. Malgré de notables différences entre leurs régimes politiques et leurs conceptions des droits de l'homme, ces États et leur gouvernement présentent ces années-ci des similitudes remarquables. Première similitude, il s'agit de pays gouvernés directement (Arabie saoudite, Iran, Chine, Russie) ou indirectement (États-Unis) par des ploutocraties, c'est-à-dire gouvernés par des personnes, des clans laïques ou religieux, et des entreprises extrêmement riches, parmi les plus riches de la planète, dont les pétrolières. Protégeant exclusivement leurs intérêts, ces gouvernants favorisent l'enrichissement sans limites des plus riches et de ceux dont ils ont besoin pour se maintenir au pouvoir, et prétendent que les intérêts des plus riches et les intérêts de tous coïncident. Autre similitude, classes dirigeantes et chefs politiques de ces pays doivent leur pouvoir à leur mainmise sur les combustibles fossiles, et sur la rente pétrolière. Troisième similitude, ces pays s'opposent farouchement à la signature de traités contraignants envers les gaz à effet de serre d'origine humaine, dérivés de l'utilisation de ces combustibles.

Par ses politiques pro-pétrole, gaz et charbon, par son rejet du protocole de Kyoto, par ses politiques visant à laisser les plus grandes entreprises diriger et refaçonner l'économie du Canada, par son respect plutôt mou des droits de la personne (sauf du droit à la religion), le gouvernement Harper fait montre d'une orientation, d'intérêts et de choix inquiétants pour les Canadiens. Au sujet de la peine de mort, de la torture, du respect des droits de la personne, du protocole de Kyoto, de l'exploitation des combustibles fossiles et de l'organisation de l'économie du Canada, les Canadiens gagneraient beaucoup si le gouvernement Harper s'inspirait des pays scandinaves, dont la Norvège (un producteur de pétrole soutenant Kyoto).

Dans toutes ces matières, de meilleurs choix sont possibles.

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Monique Tremblay - Montréal, le 11 février 2012

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