Lettres - Réaction à Christian Rioux

Opposer les jeunes du printemps arabe aux jeunes de la place du Peuple à Montréal, en discréditant ainsi ces derniers, c'est faire preuve d'une lecture bien superficielle de la situation mondiale.

Tant au Sud qu'au Nord, les populations, et bien particulièrement les jeunes, sont victimes des pouvoirs économiques et politiques en place. Les jeunes ont commencé par dire non en exprimant de multiples façons leur indignation devant les inégalités, les injustices dont la majorité (les 99 %) est victime, ici par un système néolibéral soumettant le politique à ses intérêts, là par des régimes dictatoriaux, trop souvent maintenus en place par les tenants de ce même système économique.

Au lieu d'opposer ces groupes de jeunes, je vois plutôt dans leur indignation commune un appel à un changement radical, que les partis politiques (au moins en Occident) n'arrivent plus à représenter ni à instaurer. Ces jeunes, eux et elles, sont probablement les vrais promoteurs d'une politique «autre», terme qu'il ne faut pas bannir, mais auquel il faut donner un réel contenu. Les jeunes indignés s'y emploient, tant ici que là-bas. Heureusement que, dans notre monde désespérant, jeunes et moins jeunes se soient ralliés au Indignez-vous! du non moins jeune Stéphane Hessel, 94 ans.

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Normand Breault - Le 6 janvier 2012

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