Lettres - Est-ce que le bonheur dépend de la richesse?

On peut lire dans Le Devoir du 3 janvier: «Une étude nouvellement publiée conclut que les 100 Canadiens les plus fortunés ont un revenu annuel désormais 189 fois plus élevé que la moyenne canadienne, et que l'écart continue de croître.» (Le Devoir, «Des riches plus riches, un revenu moyen qui stagne»). Cependant, les riches sont-ils plus heureux parce qu'ils sont plus riches ou parce qu'ils ont surtout le sentiment de gagner la course du capitalisme, par nature? Les gens ordinaires n'ont rien contre la richesse. Ils n'aiment cependant pas les inégalités fiscales, économiques et sociales. Par contre, les gens qui bénéficient de ces privilèges trouvent cela normal.

C'est le système qui le veut ainsi, le capitalisme aimant la compétition et la productivité. Les riches participent selon leur nature à la course au «plus meilleur». Leur richesse et leur sentiment de réussite résident dans le fait d'être très à l'aise matériellement dans ce système. Les privilèges que leur accordent les gouvernements sont attribués par des gens au pouvoir qui croient en la nature de ce système et qui admirent les gens riches. Bref, pour eux, ce sont simplement des récompenses, parce qu'ils font marcher la machine dans le bon sens. Pourrait-on trouver une solution équitable pour que ceux qui s'intéressent moins à la compétition et qui cherchent simplement à vivre heureux selon leur propre nature soient moins pénalisés? Pour les riches, tout le monde devrait avoir l'esprit de compétition. Mais, devrait-on être pénalisé parce que nous aimons moins la compétition? On peut admirer la richesse soit pour se motiver, soit parce que, en peu de mots, on manque d'estime de soi. Quelqu'un qui n'aime pas l'esprit de compétition capitaliste est-il nécessairement ordinaire et médiocre? Je ne pense pas! Il aime peut-être mieux vivre selon sa propre nature.

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Jacques Morissette - Le 4 janvier 2012
 
15 commentaires
  • Henri Marineau - Abonné 5 janvier 2012 04 h 32

    La pyramide salariale

    Des chiffres qui démontrent hors de tout doute que le partage de la richesse collective demeure une utopie qui prend des proportions scandaleuses. Des chiffres qui projettent l’image d’une société qui incarne le modèle pyramidal par excellence, à savoir beaucoup de salariés à la base, peu au sommet!

    Comme dirait Yvon Deschamps lorsqu’il parodie un certain proverbe dans un de ses monologues, « vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade! »

  • Christian PHILIPPE - Inscrit 5 janvier 2012 04 h 47

    TOUT EST LA ! ET PERSONNE N Y EST!

    Pauvre humanité c'est l'article le plus fondamental et la question la plus rapide à régler entre nous occidentaux mais comme on peut le voir cet article n'intéresse personne!
    Alors attendons encore une génération et ce "communiste" de riches chinois aidé aujourd'hui de notre capitalisme imbécile, nous submergera d'une dictature par l'argent de peuples naturellement déjà avides dont nous accélérons "l'instruction" de notre cupidité! Nos riches sentent-ils qu'ils auront bientôt les yeux bridés et que nous Peuples le seront totalement de nos libertés ancestrales. Celles de notre Histoire, celles que nos parents nous ont léguées, celles qu'une vraie Presse libre et engagée les a aidés à véhiculer!
    Il est grand temps d'insérer des Droits de l'homme en matière économique, les Devoirs d' "Homme humain" qui vont avec et des Institutions internationales pour les faire respecter, tant que nous sommes encore les plus forts consommateurs du monde. N'ayez crainte! Rien à voir avec le communisme pas même le socialisme! Tout est à remettre sur la table, c'est un capitalisme sain qu'il nous faut et vite!
    Le rôle de la Presse la dedans ? Oh la la, la mignonne Presse!! Je n'ose même pas y penser! Aucun commentaire à un article aussi important? La faute à qui alors?

  • Chantal_Mino - Inscrite 5 janvier 2012 07 h 54

    Bien dit Mé Morissette !

    J'adhère en tous points à votre point de vue.

  • michel lebel - Inscrit 5 janvier 2012 08 h 37

    Une grande question!

    Le bonheur: une question bien personnelle! Un sujet inépuisable! Chacun fait sa vie, fait ses choix, plus ou moins librement. Quant aux injustices, il faut toujours les combattre, les Hommes étant tous égaux en dignité.

  • Jeannot Duchesne - Inscrit 5 janvier 2012 09 h 05

    Le capitalisme n'est ce qu'on en fait, ce n'est pas une vérité absolue.

    Monsieur Morissette, je comprends le sens de votre lettre mais il y a de grandes inexactitudes. Dans le capitalisme, même le plus petit devrait s'enrichir un peu plus chaque année mais comme vous le relatez, le revenu moyen stagne alors que les banques et les riches s'enrichissent de plus en plus.

    Les inégalités ne sont pas la faute du capitalisme, elles proviennent de l'absence de lois, de normes, de bonnes règlementations. Le néo-capitalisme que nous subissons actuellement a justement comme doctrine la non-intervention des gouvernements au profit d'un soit disant libre marché.

    S'il y avait vraiment compétition, les prix baisseraient et il y a aurait un meilleur équilibre. Nos gouvernements, nos politiciens les honorables en titre, ne gouvernent plus, ils sont à la solde des puissants et quand ils interviennent c'est pour renforcer encore plus es riches. Comment expliquer que les banques et les multinationales fassent des profits records en temps de crise et que tous les services publiques se désagrègent jour après jour?

    Le bonheur ne dépend pas de la richesse, il dépend des valeurs morales que nous nous astreignons; il y a des despotes qui sont très heureux.