Lettres - Hidjab et cruauté

Il est surprenant que, parmi les diverses réactions à l'acceptation du port du hidjab par une gardienne de prison, en dépit de la recommandation de la commission Bouchard-Taylor, personne n'ait relevé la prochaine descente aux enfers de celle-ci dans un milieu particulièrement cruel qu'est une prison. Cette femme sera à peu près certainement l'objet de sarcasmes et de harcèlements systématiques de la part des prisonnières.

Tout cela parce que le gouvernement Charest refuse, comme d'habitude, de se tenir debout en respectant aussi les valeurs de la collectivité, comme le rappelait si bien Marie-Andrée Chouinard dans ces pages. Surtout, ce gouvernement ne voit pas que derrière tout cela il y a des fanatiques qui se servent de ce nouveau cas pour mieux imposer leur pouvoir. Alors que le Coran n'a jamais exigé ce voile, pas plus que la burqa et le niqab. Et quand cette gardienne n'en pourra plus, ces manipulateurs crieront à la discrimination venant d'une nation pourtant particulièrement accueillante, forçant encore plus ce gouvernement de pleutres à plier, ce qui est finalement leur objectif.

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Suzanne et Pierre-André Julien Bécancour - le 22 décembre 2011
18 commentaires
  • Umm Ayoub - Inscrite 28 décembre 2011 02 h 23

    C'est pas tout le monde qui est cruel !


    C'est vrai que porter le hijab au Québec peut être une aventure éprouvante quelques fois, car il y a des gens qui expriment assez méchamment leur opposition. J'en ai fait l'expérience.

    Toutefois, il ne faut pas exagérer et considérer que nous vivons dans un monde 'cruel' à ce point que la situation est invivable... Non, ces gens 'cruels' sont une très petite minorité.

    Il y a plein de gens qui sont respectueux de la religion des autres et qui ne posent aucun problème. Il y en a qui sont curieux qui qui posent des questions sur l'islam. Il y en a même qui aiment le hijab, et qui trouvent que c'est une tenue décente, mais ils n'écrivent pas dans les journaux, car ce sont des gens tranquilles qui ne font pas de vaques.

    Il y a vraiment un monde entre ce que la presse et les médias à sensation véhiculent, de même que l'analyse de la réalité, faite pas une certaine élite intellectuelle, et ce que les citoyens ordinaires vivent au jour de le jour.

    Ce ne sont certainement pas les basses classes sociales, celles qui sont dans les prisons qui sont les pires opposants au hijab. Non, pas du tout. Ces gens qui vivent dans la misère et l’oppression ont trop de problèmes pour porter un regard condescendent sur les autres...

    Les pires opposants au hijab et les plus cruels envers les musulmans, ce sont ceux qui croient qu'ils possèdent la vérité et qu'ils le droit de l'imposer, comme certains intellectuels, forts de leurs diplômes universitaires, de leur position sociale, et certains journalistes, forts de leur audience.

    Ne vous en faites pas pour ces femmes, elles ne devraient pas avoir trop de problèmes avec les détenues, comme elles en ont présentement avec ceux-là qui veulent les sauver de la cruauté de l’oppression dont elles seraient, supposément, victime.

  • Gaétan Sirois - Abonné 28 décembre 2011 09 h 17

    Bien vu

    Merci pour votre texte qui comporte une bonne analyse. Au Québec, nous voulons être tolérants, mais la tolérance tout azimut est aussi signe d'ignorance. Rien dans l'islam ne rend le voile et ses dérivés obligatoire et ceux qui l'imposent sont des mollahs qui n'ont pas la formation théolgique nécessaire pour être imam. Oui, n'accceptons pas ce tissu signe d'appartenance à l'intégrisme, car les musulmans ne doivent pas faire la propagation de leur foi, donc ne doivent pas manifester leur appartenance à l'islam. Ainsi, les signes extérieurs sont donc une mauvaise interprétation du coran. Les intégristes de tous bords interprêtent les textes fondateurs comme cela leur chantent qu'ils soient catholiques, protestants ou musulmans.
    Merci encore.

  • Pierre Rousseau - Abonné 28 décembre 2011 11 h 39

    L'uniforme

    La raison pour laquelle les gardiens de prison portent un uniforme (tout comme les policiers, militaires etc.) c'est pour les différencier des prisonniers d'une part, mais surtout pour souligner le fait que les pouvoirs qu'ils ont en tant qu'agents de la paix ne sont pas personnels mais plutôt institutionnels. Ils et elles représentent l'autorité de l'état et n'exercent ces pouvoirs non pas à des fins personnelles mais au nom de la collectivité. En un sens, l'uniforme dépersonnalise les rapports entre agents de la paix et les citoyens et rendent ce rapport exclusivement formel.

    Dans ce sens, le port de pièces de vêtements qui représentent les croyances personnelles d'un agent de la paix ne devraient pas avoir de place car non seulement il personnalise le pouvoir d'un tel agent mais en fait aussi un agent d'un certain pouvoir autre que le pouvoir civil, dans ce cas-ci un pouvoir religieux. La liberté de religion ne devrait jamais supplanter le fait que les gouvernements et ceux qui les représentent et qui appliquent la règle de droit doivent s'astreindre à cette dépersonnalisation du pouvoir publique, qui représente l'ensemble de la société, pas seulement certaines parties de cette société civile.

    Je trouve assez ironique le commentaire de Mme Chabot sur ceux qui «possèdent la vérité et qui ont le droit de l'imposer»! N'est-ce pas justement ce que les religions «officielles» font?

  • Umm Ayoub - Inscrite 28 décembre 2011 12 h 46

    Erreur sur la personne!


    M. Rousseau, pour répondre à votre commentaire affirmant que les religions prétendent posséder la vérité et s'arrogent le droit de l'imposer, je vous répondrais que la première partie est vrai, mais que la seconde est fausse. Les religions prétendent effectivement posséder la vérité et la voie du salut éternel, mais, en ce qui concerne l'islam, il est prohibé par la religion elle-même de l'imposer à qui que ce soit.

    C'est bizarre comment les tenants de la laïcité fermée détournent et déforment les faits pour convaincre les gens de la validité de leur quête de pouvoir!

    On veut protéger une femme gardienne de prison contre les détenues qui pourraient être cruelles avec elle en lui interdisant de porter le hijab! Tout cela est plein de bonnes intentions n'est-ce pas? On protège une pauvre femme contre l’oppression dont elle serait potentiellement victime. Wow, quelle trouvaille!

    On oublie que cette gardienne de prison est en position d'autorité dans la prison et qu'elle a l'appui de ses supérieurs pour exercer son pouvoir sur les détenues. On oublie qu'il est fortement improbable qu'elle soit opprimée dans de telles circonstances.

    La réalité dans tout cela, c'est qu'on veut lui imposer une vision du monde qui n'est pas la sienne. Une vision dans laquelle sa religion n'a pas de place.

    De plus, ce que cet article a d'extraordinaire, c'est qu'il définit pour les Musulmans ce qui est permis et ce qui est interdit! On prétend que le hijab n'est pas une obligation alors que tous les théologiens musulmans et tous les spécialistes de la Charia disent le contraire depuis 14 siècles. Wow et encore Wow! Quelle trouvaille encore une fois! Bravo de vous donner bonne conscience!

  • henri gabrysz - Inscrit 28 décembre 2011 18 h 20

    service

    @suzanne chabot, entre autres... très visiblement présente dans les commentaires sur des articles qui effeleurent à peine, sans trop froisser, la question musulmane

    on dirait qu,il y a des musulmans de service, à l,instar de tarik ramadan, qui gardent le fort