Lettres - Chronique de catastrophes annoncées

Pour bien comprendre ce qui se passe avec le climat, il n'est pas inutile de faire un peu de physique et de mathématique. La glace agit comme un miroir, elle reflète les rayons du soleil sans en absorber la chaleur; l'eau, elle, est un très bon accumulateur d'énergie, elle absorbe une bonne partie de la chaleur des rayons lumineux et sert ensuite de véhicule pour la redistribuer sur la planète.

Ce qui se passe avec les calottes glacières, c'est que moins il y a de glace, plus l'eau absorbe la chaleur, ce qui fait fondre davantage de glace. On démontre en mathématique qu'une telle fonction, qui croît proportionnellement à la quantité présente, est nécessairement une fonction exponentielle. En d'autres mots, la fonte des glaces se produit à un rythme exponentiel, donc beaucoup plus rapidement que toutes les premières prévisions des climatologues, basées sur des décroissances linéaires. En fait, les prévisions exponentielles étaient classées sous les scénarios catastrophiques. Or ce sont ces scénarios qui sont les plus réalistes.

Des calculs mathématiques nous montrent que, si les calottes glacières du Groenland et de l'Antarctique fondaient au complet, le niveau des mers augmenterait d'environ 68 mètres! Elles ne fondront peut-être pas au complet, mais on pourrait quand même s'attendre à une augmentation de 50 mètres, ce qui est à peu près l'altitude de Montréal. Des pays complets seraient rayés de la carte, les Pays-Bas (évidemment), le Danemark, le Bangladesh, etc., avec tous les problèmes de réfugiés par millions.

Et que fait notre gouvernement Harper? Il trouve sûrement toutes ces prévisions stupides! Il n'a qu'une seule idée en tête, vendre du pétrole, ce qui va accélérer encore plus le réchauffement de la planète. Nous avons un premier ministre stupide!

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Serge Robert - Mont-Saint-Grégoire, le 15 décembre 2011
8 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 16 décembre 2011 08 h 01

    Élu

    Le gouvernement Harper a été élu démocratiquement, ne vous en déplaise.
    Et si le peuple canadien vote pour lui, c'est qu'il y a une «problématique» au niveau de son éducation. Je vous rappelle également que les québécois ont peu voté pour les conservateurs.

  • Bernard Terreault - Abonné 16 décembre 2011 10 h 44

    Bon début d'explication

    M. Robert explique bien l'effet de "rétroaction positive" qui risque de transformer ce réchauffement climatique encore relativement modeste (1 degré Celsius depuis cent ans) en un emballement catastrophique. Il faut cependant dire qu'il y a aussi un facteur de "rétroaction négative" qui a l'effet contraire : le réchauffement des mers provoque une intense évaporation et la formation de nuages qui interceptent en partie le rayonnement solaire, ce qui ralentit le réchauffement. A ma connaissance, les calculs les plus sophistiqués et les plus récents ne prétendent pas pouvoir prédire avec certitude le résultat final dû à ces deux effets simultanés mais opposés. Il se pourrait qu'il en résulte un moyen terme plutôt déprimant : un accroissement de quelques degrés accompagné d'un ennuagement perpétuel accompagné d'énormément de pluies et de vents violents. Adieu plage, balle-molle, vélo, ski, festivals en plein air, etc., on reste à l'abri.

  • Jean Richard - Abonné 16 décembre 2011 11 h 05

    Dépolitiser le débat

    Le public restera mal informé aussi longtemps que l'information scientifique sera détournée vers la politique.

    La science du climat est fort complexe et il est utopique de penser que demain matin toute la population puisse passer de l'état de quasi analphabète scientifique à un niveau de connaissance suffisant pour porter un jugement éclairé sur le problème du réchauffement climatique. Mais en politisant le débat, en le rendant partisan, on n'améliore surtout pas les choses.

    La plus grande catastrophe, c'est peut-être l'ignorance...

  • Notsag - Inscrit 16 décembre 2011 11 h 29

    Harper est un comptable pragmatique

    Selon les spécialistes du climat, le réchauffement climatique fera des perdants et des gagnants.

    Selon eux, le Canada serait un gagnant. Comme vous l'indiquez, le Bangladesh serait sans doute effacé de la carte.

    Pour M.Harper, les intérêts du Canada passent en premier, et il agit en conséquence.

  • Dominique Châteauvert - Inscrite 16 décembre 2011 12 h 01

    On parle de 50 à 70 mètres

    Merci M. Robert d'avancer ces chiffres que peu de scientifiques osent déclarés à la population de peur de passer pour des alarmistes. C'est que l'esprit se révolte devant de telles probabilités et ne veut pas y croire. La peur devant un tel danger, combinée à l'absence de moyens pour prévenir une si grande catastrophe, serait insupportable pour quiconque.
    Pourtant, ce scénario exponentiel est très réaliste.
    Des reportages de la BBC nous démontre clairement comment des poches d'eau libérées des glaces à la surface des calottes glacières forment rapidement de grands lacs puis disparaissent aussi rapidement. Des scientifiques ont risqués leur vie pour marcher sur le fond de ces lacs et en arriver à comprendre la réalité du phénomène. La caméra nous montre un grand trou qui plonge vers les profondeurs du glacier. L'eau du lac, réchauffée s'est infiltré, a ouvert une brèche et a disparu. Si elle atteint le roc sur lequel l'énorme masse de glace repose, elle formera un lubrifiant et pourra générer le glissement brutal d'une partie du glacier dans la mer. Rien de moins qu'une série d'immenses plouf!!! Ce phénomène est bien connu à petite échelle. Mais dans un système exponentiel tout est possible en plus gros.

    La ville de Québec est en train de planifier l'érection de 2 quartiers verts dans deux zones qualifiées d'inondables selon les critères actuels, car ils sont situés à moins de 10 m du niveau de la mer. L'un avoisine une rivière où les logements auront facilement les pieds dans l'eau en cas de cru et l'autre est juste au bord du fleuve où les grandes marées actuelles pourraient facilement causer des ravages. Il m'est difficile de croire que la Ville et tous ses employés municipaux versés dans les sciences écologiques, les architectes qui ont conçu le projet et les entrepreneurs qui vont revendre à profit les logements à risque n'en parlent pas! Si les gens qui achètent ces maisons les perdent, les planificateur