Lettres - Sous la pointe, l'iceberg

Il y a pire dans notre ville que quelques cadres supérieurs qui ne parlent pas français: on y pratique la discrimination linguistique en masse.

Je travaille comme recruteur à Montréal. Je suis au premier plan pour vous assurer que pour 80 % des postes pour lesquels on exige l'anglais, celui-ci ne sert qu'à discuter qu'avec les anglophones de Montréal. Cette exigence de bilinguisme n'a rien à voir avec l'anglais langue internationale des affaires. Il ne faut d'ailleurs pas confondre langue internationale d'affaires et langue de travail. Il ne faut pas oublier que nous sommes au Québec, que le rejet d'une candidature unilingue francophone est un acte de discrimination selon la Charte des droits et libertés et la Charte de la langue française. Sous le faux couvert d'une langue des affaires, le marché de l'emploi redevient soumis à la bonne vieille discrimination socio-ethnique. Il faut arrêter de parler de bilinguisation de la main-d'oeuvre. Ce qu'il faut, c'est assurer un environnement de travail en français.

Chaque jour, les agences de placement de Montréal discriminent systématiquement des candidats sur la base linguistique, et cela, au grand mépris de la loi. Cette discrimination s'effectue à grande échelle. [...]

Je crois qu'il faudrait commencer à envisager des recours collectifs contre les agences de placement avec tous ceux qui se sont fait refuser ces dernières années le droit fondamental de pouvoir exercer leur métier.

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Eric Warren - Le 14 décembre 2011

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