Lettres - La démographie et la souveraineté

À entendre François Legault s'en remettre aux générations futures pour réaliser l'indépendance politique du Québec, il y a lieu de se demander si ce personnage énigmatique comprend bien ce que l'avenir réserve au Québec sur le plan démographique. En effet, plusieurs études effectuées par des experts en la matière démontrent clairement que le poids démographique des francophones est appelé à poursuivre son déclin au Québec dans un avenir prévisible.

Il faut donc être atteint d'une grave myopie pour croire qu'il sera encore possible dans 10 ou 15 ans de dégager une majorité pour la souveraineté du Québec, d'autant plus qu'il serait illusoire d'espérer que la quasi-unanimité des anglophones et des allophones contre le projet souverainiste s'atténuera avec le temps. Dans ces conditions, aussi bien dire que François Legault souhaite renvoyer la résolution de la question nationale aux calendes grecques en agissant comme il le fait.

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Louis Duclos, ex-député fédéral de Montmorency-Orléans - Sainte-Pétronille, le 5 décembre 2011
18 commentaires
  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit 7 décembre 2011 00 h 58

    Et puis?

    C'est bien ainsi! C'est une des raison pourquoi les québécois vote pour la CAQ et ont voté libéral cette semaine. Les québécois ne veulent rien savoir de ce projet.
    Il est facile de croire qu'il y a une quasi impossibilité d'avoir un référendum au Québec avant au moins 7 ans.

  • Marc-Antoine Daneau - Inscrit 7 décembre 2011 06 h 19

    Sans dignité

    - Je suis souverainiste.!
    - Si tu ne l'es pas, on te fait élire!
    - D'accord, vive le Canada!

  • Gilles Bousquet - Inscrit 7 décembre 2011 06 h 34

    Erreur de perception de M. Duclos ici

    M. Legault n'a pas dit qu'il souhaitait que le Québec se sépare ou non dans une ou deux générations. Il a simplement dit que les Québécois devront alors se demander si LA chose leur tente encore vers 2 025.

    S'il manque de Québécois francophones en 2025 pour voter OUI pendant que les autres Québécois voteraient NON, nos descendants vont résister, s'angliciser, se complaire dans le bilinguisme ou penser à autre chose comme émigrer en France, si elle est encore française ou en Afrique, où le français devrait encore exister.

  • Michel Paillé - Abonné 7 décembre 2011 07 h 00

    Serions-nous déjà minoritaire ?


    François Legault prend pour acquis que tout Québécois de langue maternelle française, ou dont le français est la langue parlée à la maison, est acquis à la pérennité du français au Québec. Il n’est pas le seul, loin de là.

    Or, il y a de nombreux francophones bilingues qui ne s’empêchent pas de parler l’anglais à la moindre occasion. À quand remonte la dernière enquête mesurant l’attachement des francophones du Québec envers leur propre langue ?

    Pourrait-on répondre aux questions suivantes : parmi les six millions de francophones du Québec (langue parlée à la maison),

    - combien d’entre eux ne voient dans toutes langues qu’un moyen de communication sans lien avec la culture et l’identité ?
    - combien d’entre eux voient dans l’anglais la langue des affaires, la langue de la richesse ?
    - combien d’entre eux font passer leur appartenance au Canada et au bilinguisme en tout premier lieu au détriment du français au Québec ?
    - combien d’entre eux font du français une langue (vernaculaire) réservée aux francophones dits «de souche» ?
    - combien d’entre eux sont à ce point libertariens que toute intervention de l’État dans le domaine linguistique serait à bannir ?
    - combien d’entre eux n’ont rien à cirer de la qualité du français ?
    - combien d’entre eux voient dans la loi 101 une «patente à gosses» des «séparatisses» que nos gouvernements libéraux tolèrent pour acheter une certaine paix linguistique ?

    Il serait plus que temps que l’on sache combien nous sommes à travailler à la pérennité du français au Québec ? Ce pourrait-il que nous ne soyons plus la moitié de la population du Québec, soit moins de 4 millions de personnes sur 8 millions de Québécois ?

    Michel Paillé, démographe
    Québec

    http://michelpaille.com

  • FERNAND - Inscrit 7 décembre 2011 07 h 05

    Le temps file !

    Monsieur Duclos a parfaitement raison. Quand François Legault renvoie la question nationale sous le tapis pour une période de 10 à 15 ans c'est de jouer avec le feu car nous constatons que les francophones perdent ce poids démographique qui les ont avantagé pendant très longtemps surtout à Montréal.
    La mollesse du gouvernement libéral de J.Charest ainsi que du maire de Montréal (ancien ministre libéral) va accentuer le déclin.
    De plus la chicane entretenue entre les très nombreuses factions du mouvement souverainiste/indépendantiste n'aide pas la cause (cette foire d'empoigne est tristement mise en spectacle à chaque jour sur le site internet de Vigile).
    Tant et aussi longtemps que ces factions avec leurs différents partis politiques, associations, mouvements etc continueront à affaiblir ce grand projet qu'est l'indépendance du Québec, des Legault et des Charest continueront la débâcle de notre pays.
    Nous avons qu'à constater l'état de cette débâcle dans tous les domaines depuis 2003 c'est-à-dire depuis l'arrivée du PLQ de Charest au pouvoir.