Lettres - Mort d'une grande écrivaine

Honte à l'Union des écrivaines et écrivains québécois. Louky Bersianik a été présentée au titre de Membre d'honneur. Le scrutin postal a suivi. Sa candidature a été rejetée par cinq voix. Aucun écrivain ou écrivaine n'a été refusé comme Membre d'honneur, de fait chacune des candidatures proposées par les conseils d'administration depuis la fondation de l'UNEQ en 1977 a été retenue, à l'exception de celle de Louky Bersianik.

Elle en a été blessée. Louky Bersianik revendiquait son identité d'écrivaine. Son milieu social, celui des écrivains, l'a exclue, une injustice profonde. Elle était une écrivaine puissante, une féministe, une pionnière de la féminisation (titres et noms de fonction) de la langue française. Née en 1930, elle était une érudite, politisée, une écrivaine majeure, une géante de désirs infinis, douée d'un sens critique raffiné. C'était une femme branchée sur son époque, au courant de tout, adepte des technologies, une lectrice continuelle, une bibliothèque vivante.

Son absence me pèsera, je m'ennuierai d'elle.

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France Théoret, écrivaine - Montréal, le 4 décembre 2011

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