Lettres - La 20 de la honte

C'est aujourd'hui, le 3 décembre, qu'on ouvrira en grande pompe le nouveau tronçon de l'autoroute 20 en direction de l'est du Québec. On peut facilement imaginer l'armada libérale débarquant à Cacouna pour l'occasion, particulièrement en cette veille d'élection dans Bonaventure en Gaspésie, piaffant d'impatience d'offrir à la plèbe ce nouveau bout de route menant assurément à la prospérité...

Les libéraux de Jean Charest viendront manifestement vanter une fois de plus les grandes réalisations de leur gouvernement. Mais ont-ils vraiment raison de pavoiser en se présentant dans la région? Comment pourront-ils sourire aux photographes après avoir berné la population dans le dossier de la carte électorale? Comment pourront-ils s'enorgueillir en coupant le ruban rouge après être demeurés totalement inertes dans le dossier du chantier maritime Verreault? Comment pourront-ils se présenter placidement dans cette si belle région agricole après avoir abandonné les agriculteurs à eux-mêmes?

En discourant sur l'avenir économique régional, est-ce qu'ils souligneront les dizaines d'emplois à Hydro-Québec délocalisés vers les grands centres? Est-ce qu'ils insisteront sur la dévitalisation de nos communautés rurales ou sur les Fonds d'intervention économique régionaux (FIER) dédiés à la Gaspésie, mais investis dans une entreprise de transport scolaire de l'Outaouais? On peut en douter.

Aujourd'hui, le député libéral de Rivière-du-Loup, Jean D'Amours, aura beau palabrer et sourire pour la galerie journalistique, ce petit bout de route tracé à grands frais demeurera le symbole parfait de l'échec lamentable des libéraux de Jean Charest en matière de développement régional, et tout particulièrement pour le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Le bout de route de la honte.

***

Alain Dion - Rimouski, le 2 décembre 2011

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4 commentaires
  • Erwan Basque - Inscrit 3 décembre 2011 07 h 58

    Le Ciel est bleu, l'Enfer est rouge !

    Bonjour,

    M'enfin ! Il nous faudra bien croire que nous nous sortirons jamais de ce vieux pattern des nationalistes québécois qui n'en finissent plus de se gratter le bobo lorsque le les rouges soit le Parti Libéral sont dans le décor. Faut que ça saigne ! chantait Boris Vian dans les Joyeux bouchers ! Tout comme le nationaliste pur et dur que fut Feu Maurice le Noblet Duplessis en 1959 qui s'opposait farouchement contre la Transcanadienne à deux voies de Montréal à Québec, aujourd'hui encore, et ce plus de cinquante années plus tard, d'autres nationalistes québécois trouvent encore le moyen de chiquer la guénille et de se gratter frénétiquement le bobo à propos de tout et de rien. Bien sûr, l'Enfer est rouge.

    En terminant, comme disait un de mes voisins, un vieux péquiste venant de décrocher de la religion nationaliste : Plus ça change et plus c'est pareil ! Jamais rien de nouveau sous le Ciel bleu des nationalistes québécois....... Merci beaucoup, Erwan Basque.

  • Marie Mance Vallée - Inscrite 3 décembre 2011 10 h 03

    Question de survie

    C'est bien connu, Montréal s'est laissé dépouiller de ses sièges sociaux par Toronto.

    Maintenant, Montréal doit dépouiller les régions si elle veut survivre.

  • Etienne Merven - Inscrit 3 décembre 2011 11 h 15

    Jamais content!

    Et si c'était un gouvernement péquiste qui l'avait construite, la maudite route?
    Ç'aurait été sûrement meilleur et plus propre, non?
    Pauvres gens qui ressassent sans fin les mêmes c.... C'est chagrinant de voir que ertaines personnes sont incapables de faire la part des choses et ont des oeillères...
    Nous ne sommes pas sortis de l'augerg...ine!

  • Réception Production du Rapide Blanc - Inscrit 3 décembre 2011 11 h 45

    Manque de vision ou aveuglement volontaire

    Pendant qu'on dépense mille millions de dollars pour une moitié d'autoroute, notre régions a un cruel besoin de cet argent, qui pour bien des projets n'est tout simplement pas disponibles. Seulement à Trois-Pistoles, nous attendons depuis plusieurs années pour la réfection des rues principales et du réseau d'aqueduc. Aussi notre service de travessier vers les Escoumins est menacé par manque de financement. Les routes secondaires de la région sont en décrépitude et pendant ce temps, on va construire une nouvelle route alors qu'il n'y a pas de trafic sur la 132. Où sont les priorités de se gouvernement ou plutôt à qui profite cette vision du passée. Avec le pic pétrolier, dans 20 ans lorsque le tronçon Cacouna-Bic sera terminé, le prix de l'essence aura plus que triplé et le trafic sera diminué de beaucoup. Nous aurons alors deux routes à entretenir et nos enfants pourrons nous accuser d'avoir manqué cruellement de vision pour remettre notre belle région sur les rails. Je suis pour une 132 amélioré et qu'on utilise le reste de l'argent pour se refaire une beauté!