Lettres - Le «crash ice» de la francisation

Chaque année, la ville de Québec est l'hôte d'une épreuve sportive extrême nommée Red Bull Crash Ice. Cette épreuve s'inscrit parmi d'autres événements spectaculaires organisés à travers le monde par la société de boissons énergisantes Red Bull et elle est diffusée à l'international, ce qui constitue une vitrine de choix pour Québec.

La traduction ou l'adaptation en français de la désignation des épreuves sportives extrêmes est un exercice difficile, mais pas impossible. Encore faut-il que les organisateurs manifestent une volonté en ce sens. D'habitude, dans ces cas, on évoque que la mondialisation est une réalité incontournable. La cause étant entendue, l'anglais s'impose naturellement, quel que soit le milieu linguistique où il se trouve. Les organisateurs du Red Bull Crash Ice de Québec se trouvent à Toronto. Si on leur prête la bonne volonté d'avoir réfléchi à l'éventualité de trouver un nom en français pour cette épreuve, ils ont probablement conclu à son intraduisibilité, sans autre forme de procès.

Et pourtant. Pourquoi ne pas parler de La Grande Déboulée Red Bull de Québec? Parmi les sens du mot «déboulée», il y a ceux de course rapide et puissante et d'épreuve de courte distance où la vitesse compte dès le départ. Ces deux définitions correspondent à l'épreuve en question.

L'avantage du titre de l'épreuve en français est quadruple: il correspond exactement à l'événement en question; il contient un jeu de mots fondé sur une allitération (-boul-/Bull), tout à l'avantage de la société Red Bull sur le plan publicitaire; l'énonciation du titre est cadencée, évoquant par le fait même le caractère dynamique de l'épreuve; enfin, il reconnaît explicitement le caractère français de la ville de Québec et contribue à son rayonnement.

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André Senécald - Gatineau, le 6 novembre 2011

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9 commentaires
  • Line Gingras - Abonnée 8 novembre 2011 04 h 16

    Oui!

    Les spectateurs, déjà, doivent se dire que «ça déboule»! Le mot évoque aussi les giboulées...

    Mille fois bravo, André! Ton idée me plaît vraiment beaucoup. Les organisateurs de la course auraient tout avantage à l'adopter.

  • Marc Ouimet - Inscrit 8 novembre 2011 06 h 50

    Bravo

    Quand on dit qu'il est important de préserver le français, ce n'est pas seulement de l'usage et de la grammaire correcte. C'est surtout l'esprit et le génie de la langue française auxquels il importe de laisser (voire d'imposer) l'espace pour s'épanouir.

    Vous démontrez assez pourquoi avec votre idée excellente. Bravo!

  • Michele - Inscrite 8 novembre 2011 07 h 29

    Le crash des givrés redbullier

    Pourquoi ne pas plutôt lancer un concours afin de trouver un nom qui accroche. En passant, le mot «crash» est dans le dictionnaire.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 8 novembre 2011 09 h 17

    Référence

    Proposez ce beau titre à Régis Labeaume, ici à Québec, c'est lui qui décide. Jean Charest et Pauline Marois suivront.

  • camelot - Inscrit 8 novembre 2011 11 h 41

    Pourquoi

    Ne pas l'annuler simplement ?