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Lettres - Le PQ à côté de ses pompes

Le PQ a perdu cette capacité à faire rêver, à faire rêver d'un pays. Pourquoi le PQ se montre-t-il toujours aussi discret sur les questions de la République?

Une République, oui, à rompre nos liens avec la monarchie britannique; une République, vouée au bonheur de ses citoyens, au contrôle des richesses de son territoire, à leur exploitation, à leur transformation et à leur mise en valeur dans le respect des principes du développement durable. Une République moderne, à l'écoute de ses citoyens dans toutes leurs diversités et dans le respect des règles établies en matière d'égalité et de liberté. Une République qui table sur les principes de laïcité, de coopération et qui oeuvre à développer de nouveaux modèles de gestion où les citoyens se sentent partie prenante des processus décisionnels, et non plus victimes de cette clique de corbeaux et de vautours qui sapent les fondements de notre belle démocratie.

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Daniel Côté - Montréal, le 27 octobre 2011
12 commentaires
  • Pierre Schneider - Inscrit 31 octobre 2011 06 h 13

    Grave anomalie

    Il est quand même curieux- pour ne pas dire plus sans écorcher les sensibilités souverainistes- que depuis plus de 40 ans le Pq n'a jamais fait la pédagogie de la République, n'a jamais opposé l'idéal républicain au concept du droit divin et impérialiste de la monarchie.
    Si le Québec- quand le Pq était au pouvoir- avait fait adopter par son Assemblée nationale, une constitution de République, nous n'en serions pas encore dans la confusion actuelle où le message ne passe tout simplement plus.Parce qu'il ne suscite aucune ferveur, qu'il vise à gérer le Québec à la petite semaine, sans stature d'État indépendant, sans vision profonde d'une révolution sociétale majeure.

  • Danièle Fortin - Inscrite 31 octobre 2011 06 h 39

    La République pour donner un sens à ce pays à naître

    Partie 1

    C'est là un grand mystère que vous soulevez, Monsieur Côté, à propos du Pq.
    Pourquoi en effet le Pq, de René Lévesque à Pauline Marois, n'a jamais présenté le projet de pays comme un projet républicain ? Comme l'ont fait les Pères fondateurs des É. U. ? Les révolutionnaires de la France de 1789 inspirée des Lumières ? De l'Irlande de Wolfe Tone à James Connolly ? Car bien plus que la vague idée de souveraineté, la République donne un sens à la lutte indépendantiste. L'indépendance n'est que le passage du statut d'État soumis à un autre à celui d'État affranchi mais qui ne dit rien de ce qu'il en sera après ce passage. Comme si l'idéal qu'a présenté le Pq depuis sa fondation s'arrêtait à l'étape de la déclaration d'indépendance. Ce qui est, admettons-le, assez pauvre comme vision. Alors que l'idée de république, elle, donne à voir ce pays à naître. Surtout qu'il s'agit de rompre avec une monarchie étrangère.
    J'ai maintes fois posé la question à des élu-e-s péquistes et bloquistes et invariablement l'on me répondait que la question de la république se poserait APRÈS l'indépendance faite ! De crainte que cela ne fasse « diversion » dans l'esprit de la population.
    Et pourtant l'idée de république suppose une chose essentielle à tout projet d'émancipation d'un peuple : celle de l'autorité suprême de l'État. Laquelle autorité ne saurait être autre chose que celle du peuple québécois. Faire la promotion de la République c'est, à l'instar des É.U. et de l'Irlande, rompre TOUS les liens avec la couronne britannique, même ne pas être membre du Commonwealth. À quoi bon ? Qu'a le Commonwealth de si extraordinaire pour que l'on se presse à en faire partie ?

  • Danièle Fortin - Inscrite 31 octobre 2011 06 h 41

    La République pour donner un sens à ce pays à naître

    ( suite partie 2 )

    Ce n'est pas après qu'il faut discuter de ces questions mais avant. Que la société civile penne enfin part à ces discussions. Ce n'est pas à un groupe d élus à décider dans l'urgence d'une« après-déclaration », alors que le Québec traversera une« zone de turbulence » avec Ottawa, qu'il faudra débattre de ces questions fondamentales !
    En 1948, André Laurendeau soulevait la question dans la revue « L'Action nationale » mais concernant la nature du régime que devrait adopter le Canada. Ce qu'il en disait peut très bien convenir à la situation du Québec à propos de la question nationale : « L'indépendance reste une idée abstraite et assez floue; elle permet aux embusqués de se cacher derrière, aux opportunistes de s'en couvrir à demi. La république fait image; c'est un idéal concret. On la veut ou on ne la veut pas; parce qu'elle présuppose une rupture, elle force les gens à une option totale. On peut être à moitié pour l'indépendance: il faut adhérer à la république ou la refuser. La lutte prend ainsi plus de relief et de dynamisme. Chacun connaît ses amis et démasque ses adversaires. »

    Comment, pendant plus de quarante ans, nos élu-e-s souverainistes-indpendantistes ont-ils pu faire l'économie d'un concept aussi riche que celui de la République ?!

    Merci Monsieur Côté de réanimer la République dans les pages du « Devoir ».

    Danièle Fortin

    Comité national républicain

  • Jean Lapointe - Abonné 31 octobre 2011 09 h 10

    Il ne suffit plus d'en rêver.

    Ce n'est plus le temps d'en rêver d'un pays c'est le vouloir qu' il faut.

    On ne rêve pas d'un pays comme on rêve d'avoir sa maison à soi.

    Un pays c'est quelque chose qu'on doit construire pas un rêve.

    Il me semble qu'on ne doit pas se situer dans le monde de l' avoir mais dans le monde de l'être.

    Il s'agit de se comporter en citoyen responsable pas en consommateur.

    Et si on le veut vraiment son pays on travaille pour y arriver, on ne se contente pas d' en rêver passivement.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 31 octobre 2011 09 h 14

    Une République, pour quoi faire?

    Pour se doter d'un État hypertrophié qui, prétextant du besoin de préserver ses ressources, son emploi et sa langue, se mêlerait de tout? La spécificité du Québec lui a déjà donné une oligarchie vivant de sa rente "ethnique" et se partageant de petits monopoles dans les médias, la construction, la finance, les corporations professionnelles et les syndicats "d'affaires". Tout cela soi-disant grâce à la solidarité nationale, qui est en réalité une forme larvée de collusion. C'est le Québec tout entier qui a besoin d'une Commission d'enquête!

    Mais le Québec n'a surtout pas besoin d'une grosse doudou, il lui faudrait plutôt une plus grande ouverture aux autres, à la concurrence étrangère et à la créativité. Nous saurions alors naviguer parmi les écueils de la mondialisation qui s'accélère, au lieu de nous endetter plus que jamais en colmatant les brèches d'une forteresse assiégée.
    La vraie République est dans les têtes de citoyens libres et entreprenants, pas dans celles d'intellectuels qui se bâtissent des châteaux en Espagne.