Lettres - Déplorable inertie

Yves Bolduc a beau décider de donner le feu vert aux sites d'injection supervisée (SIS) de Québec, le souvenir de son flagrant manque de volonté et de courage politique qui a caractérisé son action des derniers mois est toujours persistant. On se souviendra que l'Organisation mondiale de la santé et l'Institut de la santé publique du Québec n'ont cessé de souligner l'effet des SIS sur la réduction des maladies et des surdoses et que M. Bolduc n'a pas daigné réagir en conséquence et véritablement se pencher sur le dossier. Il fallait le voir s'en remettre systématiquement à l'éventuelle tombée du verdict de la Cour suprême, cette dernière qui se penchait sur le cas d'Insite.

Bien sûr, on peut avancer que la position des conservateurs dans ce dossier a vraisemblablement provoqué une crainte bien réelle dans la sphère politique provinciale québécoise et qu'Yves Bolduc, en tête, n'a pas voulu déplaire au gouvernement Harper, craignant de possibles représailles du fédéral. Soit, mais tout de même, on se serait attendu à davantage de la part de notre ministre. Son rôle n'est-il pas d'encourager des initiatives innovantes et des interventions adaptées aux besoins criants du milieu, et ce, peu importe l'allégeance politique qui a cours à Ottawa? Par sa déplorable inertie, il semble qu'il ait raté ici une belle occasion d'affirmer son leadership. Espérons que ce sera pour une prochaine fois.

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Étienne Boudou-Laforce - Québec, le 13 octobre 2011

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