Lettres - Un étrange malaise

Jacques Duchesneau me semble en mission. Mission pour qui, je n'en sais rien. Pour la vérité, pour lui-même? Mais son comportement me laisse dubitatif.

En premier, il y a la divulgation de «son» rapport, document qui devait rester secret, destiné au gouvernement. Duchesneau fait-il présentement enquête pour connaître le ou les auteurs de cette fuite? Secundo, toute la semaine, l'ancien directeur de police parle abondamment aux médias, allant jusqu'à répliquer au premier ministre au sujet des «allégations». Tertio, le même homme décide d'aller à Tout le monde en parle avant de rencontrer les parlementaires; comme respect de l'Assemblée nationale, l'institution première du Québec, on a vu mieux!

Tout ce comportement du chef de l'unité anticorruption me laisse un mauvais arrière-goût. Mais que cherche vraiment cet homme? La vérité, une courte gloire, régler des comptes? Bien étrange que tout cela!

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Michel Lebel - Entrelacs, le 22 septembre 2011
9 commentaires
  • Henri Marineau - Abonné 26 septembre 2011 03 h 30

    Le plan de match

    À la lecture des témoignages d’ex-confrères de travail de Jacques Duchesneau publiés dans l’article d’Annie Morin paru dans Le Soleil du 24 septembre sous le titre « Jacques Duchesneau, un policier dans l’âme », on ne peut mettre en doute l’intégrité du Directeur de l’Unité anticollusion du ministère des Transports du Québec. Soit!

    Toutefois, dans le même article, Laurent Lapierre, co-auteur avec Jacqueline Cardinal de la biographie intitulée « Jacques Duchesneau sur le qui-vive », ne cache pas l’intérêt médiatique que peut porter M. Duchesneau à la fuite de son rapport dévastateur sur la collusion dans l’octroi de contrats par le ministère des Transports pour des travaux routiers majeurs.

    Quant au cinéaste André Melançon, qui a rencontré Jacques Duchesneau à l’occasion du tournage du film « Rafales », il affirme que la décision de M. Duchesneau de participer à l’émission « Tout le monde en parle » est dictée par « un plan de match »!...

  • Henri Marineau - Abonné 26 septembre 2011 03 h 32

    Le plan de match (suite et fin)

    ...À mon sens, malgré tous ces commentaires fort élogieux et probablement mérités sur la carrière de Jacques Duchesneau, des questions demeurent en suspens. J’en retiens deux :

    D’abord, comment se fait-il qu’un rapport aussi « confidentiel », contenant des révélations aussi accablantes sur un système de collusion entre des entrepreneurs en construction, certaines firmes de génie-conseil et le ministère des Transports, aient pu échapper à la surveillance d’une personnes aussi chevronnée que Jacques Duchesneau dans les enquêtes policières?

    Ensuite, pourquoi, après avoir été informé de cette « fuite » concernant son rapport, le directeur de l’UAC, décrit dans l’article du Soleil comme un homme d’une intégrité exemplaire, n’a-t-il pas déclenché une enquête pour connaître l’origine de la fuite et dénoncé les coupables?

    Selon moi, la réponse à ces questions se dégage implicitement dans les commentaires de Mm Lapierre et Melançon…D’une part, l’intérêt de Jacques Duchesneau pour le côté médiatique lié à la divulgation publique de son rapport et, d’autre part, son « plan de match » de s’adresser au public sur les ondes avant de le présenter en commission parlementaire.

    Enfin, dans toute cette affaire, on est en droit de se demander si Jacques Duchesneau n’a pas un « plan de match » caché dans son jeu! C’est à suivre…

  • JAFA43 - Inscrit 26 septembre 2011 04 h 48

    non à huit clos

    je,ne suis pas d'accord avec le rapport duchesneau de tenir les audiances sur la construction à huit clos...parce que les 88 pages de cette commission seront filtrées...
    JAFA43...

  • alen - Inscrit 26 septembre 2011 08 h 21

    C'est le rôle qui est étrange

    Monsieur Lebel, Jacques Duchesneau ne cherche rien. Il fait seulement ce pourquoi il a été engagé par le Parti libéral et payé à même vos taxes. Créer une diversion... Convaincre que ce que fait le Parti libéral est la bonne solution... Comme il a dit hier soir, ce qu'a fait le parti à date a enrayé la collusion. Il nous a même fait économisé 347 millions $... Parce que 347 c'est plus précis et plus crédible que 350... Du moins ça donne l'impression des avoir comptés (les millions) un par un... Bref, le PLQ n'est pas dans la <gimmick>; il nous fait économiser. Bout de cigare, réélisons-le!!!

  • Marie Mance Vallée - Inscrite 26 septembre 2011 08 h 38

    État policier ?

    Et si nous étions à la veille d'un État policier sous la gouverne du crime organisé ? Pouvons-nous faire encore confiance aux policiers ? Combien de fois entendons-nous des citoyens refusé de dénoncer des délits auprès des policiers parce qu'ils ne savent pas s'ils sont fiables. Et si les corps policiers étaient instrumentalisés et infiltrés par la mafia et le crime organisé ?

    À qui faire confiance, je vous le demande... Aux policiers ? Aux maires ? Aux présidents des commissions scolaires ? Aux journalistes ? Aux politiciens ? Je ne sais plus.

    Mettons-nous notre vie en danger, quand nos commentons certaines situations dans les médias ? Tout cela devient inquiétant.

    Le Québec n'y échappe pas, nous assistons à la mondialisation du crime organisé.