Lettres - Quelques précisions

Dans Le Devoir du mardi 13 septembre, un citoyen, Hubert Larocque, veut sans doute nous rappeler la date mémorable du 13 septembre 1759 de la défaite des plaines d'Abraham où le général James Wolfe et le marquis Louis-Joseph de Montcalm sont tués. Il s'agit de l'année 1759 et non de 1760 comme indiqué.

C'est au printemps 1760 que le chevalier de Lévis tente une ultime offensive contre l'armée de l'administrateur James Murray, qui occupe alors la ville de Québec.

Le 28 avril 1760, l'armée de Murray attaque les troupes françaises, qui avaient repoussé l'avant-garde anglaise. Après cette bataille de trois heures, Lévis est victorieux et l'armée anglaise dut battre en retraite.

Fort du succès qu'il vient de remporter, Lévis décide d'entreprendre le siège de Québec, qui échoue à la suite de l'arrivée d'une flotte anglaise de 18 000 hommes devant Québec.

Sans secours de France, Lévis doit lever le siège et la flotte anglaise dirigée par Murray prend la direction de Montréal. C'est le 8 septembre 1760 que le gouverneur Vaudreuil signe la capitulation de Montréal. Cette capitulation générale est devenue irrémédiable à la suite du traité de Paris signé le 10 février 1763 lorsque la France cède le Canada, l'Acadie et la rive gauche du Mississippi à l'Angleterre, et les Canadiens ont 18 mois pour quitter le pays s'ils le désirent. C'est le 7 octobre 1763 que la proclamation de George III démembre la Nouvelle-France et installe de nouvelles structures administratives. Et le Canada français est désigné sous le nom de «Province of Québec». Pour plus de détails, on lira, de Jean Provencher: Chronologie du Québec, 1534-2007 (Boréal éditeur, 2008, 3e édition).

***

Robert Comeau - Historien, le 13 septembre 2011

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8 commentaires
  • Victor Raiche - Inscrit 15 septembre 2011 07 h 38

    Et le traité d'Utrecht ?

    J'ai toujours cru que l'Acadie avait été cédée à l'Angleterre par le traité d'Utrecht de 1713, près de 50 ans avant le Québec.

  • Hubert Larocque - Inscrit 15 septembre 2011 11 h 33

    1759 ou 1760: Mythe et vérité historique

    Je vous remercie d'avoir relevé cette erreur ainsi que des précisions que vous relevez minutieusement. Je me suis demandé quelle était la source de l'erreur puisque je savais que les Plaines d'Abraham avaient eu lieu en 1759. Par automatisme, j'ai télescopé la date de la bataille avec celle de la reddition qui l'a suivie. Les manuels d'histoire ont tous retenu que 1760 était la date de la fin du régime français. Davantage, 1759 ne dit rien de la profondeur de l'événement et de son application toujours actuelle. 1760 s'est inscrit dans notre souvenir historique et dans notre imaginaire avec la dimension d'un mythe à la fois historique, national et intime.
    J'espère que vous ne pensez pas que cette erreur invalide les propos qui la suivent. Le recul du français à Montréal et au Québec s'inscrit dans la ligne des conséquences de 1760. Le parti de M. Charest ne défend pas le français parce qu'il est le collaborateur et le fiduciaire du Canada anglais, descendant en ligne directe de la Conquête. Le parti québécois est impuissant parce, embrouillé et intimidé par la Conquête, il n'ose s'attaquer directement à la cause qui est la Constitution canadienne et la Cour suprême du Canada. Ne sont-elles pas, au premier chef, les gardiens des conséquences de la Conquête? En nos temps férus de rigueur scientifique, voulez-vous un instrument de mesure de l'assimilation? Ce serait, à coup sûr, l'oubli de la Conquête et l'insensibilité face à celle-ci.
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • cpoulin - Abonné 15 septembre 2011 12 h 04

    Plus de connaissances

    En effet le traité d'Utrecht avait fait de l'Acadie, de Terre-Neuve, de la Baie d'Hudson des territoires anglais. Et un protectorat sur les Iroquois. Pour beaucoup plus de connaissances sur la question de la Conquête, je propose que l'on sorte de sa version "misérabiliste" et que l'on examine cette affaire dans une perspective plus large et plus près de la réalité historique de l'époque. Et ce, en s'adonnant à la lecture de l'histoire de l'Europe et celle de nos voisins américains. On comprendrait que le résultat ultime de la Conquête fut d'empêcher la colonie de NF et de notre peuple de devenir un nouvel État américain. Claude Poulin

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 15 septembre 2011 13 h 23

    À tous les historiens québécois

    Appelons les choses par leur nom.

    On est très colonisé pour parler de la conquête de 1760, au lieu de la défaite.

    Ce sont les Anglais qui ont conquis; ce sont les canayens qui ont été défaits.

    Un Anglais peut parler de conquête; les Québécois devraient parler de défaite.

    Québécois, n'oublions pas que 1760 ne fut pas la Conquête mais la Défaite!

    En tant que Québécois, assumons cette défaite de 1760 dans un devoir de mémoire, mais luttons tous unis ensemble pour reconquérir notre pays.

    Et reprendre les Plaines qui nous appartiennent.

  • Jacques Boudreau - Inscrit 15 septembre 2011 20 h 59

    Le premier traité d'Utrecht de 1713...

    Il y a eu deux traités d'Utrecht, qui mirent fin à la Guerre de Succession d'Espagne (1701-1713) :

    a) le premier a été signé à Utrecht (Pays-Bas), le 11 avril 1713, entre la France et la Grande-Bretagne;

    b) le second a été signé à Utrecht, le 13 juillet 1713, entre l'Espagne et la Grande-Bretagne.

    Dans le premier traité d'Utrecht, la Grande-Bretagne a reçu de la France plusieurs territoires d'Amérique : les colonies de Terre-Neuve, l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, l’Acadie, le territoire de la baie d’Hudson, ainsi que l’île Saint-Christophe aux Antilles.

    Des précisions s'imposent quant à ce qu'était le territoire de l'Acadie qu'a acquis la Grande-Bretagne par ce traité.

    L'Acadie qui a été clairement transférée à la Grande-Bretagne dans le premier traité d'Utrecht correspond grosso modo à la Nouvelle-Écosse actuelle, moins l'Île Royale (maintenant l'Île du Cap Breton), sur laquelle les Français établirent la ville fortifiée de Louisbourg.

    La France conservait aussi l'Île Saint-Jean (Île du Prince Édouard actuelle) et d'autres îles dans le Golfe Saint-Laurent.

    Les autres parties de ce qui a été associé à l'Acadie, soit une bonne partie de ce qui est maintenant l'état du Maine et le territoire du Nouveau-Brunswick actuel, devinrent des territoires disputés par les deux puissances coloniales.

    De 1713 à 1744 environ, les Acadiens de la Nouvelle-Écosse vécurent dans une paix relative et leur population connut un accroissement remarquable. Plusieurs historiens considèrent que cette période fut l'Âge d'or de l'Acadie...

    Mais les choses se gâtêrent avec la Guerre de Succession d'Autriche (1739-1748), dans laquelle Louisbourg fut capturée par les Anglais, pour être ensuite remise aux Français.

    Les autorités britanniques furent moins conciliantes avec les Acadiens par la suite.

    De plus, l'encerclement de la Nouvelle-France était alors bien amorcé et laissait présager l'issue ultime de la Guerre d