Lettres - Le hachoir

Non content d'avoir depuis 1990 massacré le programme d'assurance-chômage (assurance-emploi étant une aberration linguistique et comment dire, philosophique), restreignant l'admissibilité de façon draconienne (1996) et abolissant la liberté de travail (1993), le gouvernement Harper, lui, passe au hachoir la machine administrative, avec encore une fois des retombées négatives pour les citoyens.

On apprend maintenant la fermeture de bureaux administratifs de traitement des demandes d'assurance-chômage pour laisser place à de mégacentres, se fiant au dieu Internet pour tout régler. Quelle farce. Hier encore, un citoyen me montrait un document imprimé via son dossier personnel/Web lui indiquant, entre autres conneries, qu'il n'était pas admissible aux prestations de maternité. Comme c'est un homme, cela l'a beaucoup chagriné... être chômeur et enceinte en même temps, c'était son rêve...

De plus, dans un autre département, les brillants technocrates dirigeant le ministère ont décidé d'abolir un service extraordinaire (A.L.P. agent de liaison avec le public) qui permettait aux intervenants en matière d'assurance-chômage (groupes de défense, députés, conseillers syndicaux, avocats) d'intervenir rapidement auprès d'un agent compétent pour régler des litiges, des malentendus, des drames de façon à ce que nos concitoyens puissent avoir un motif d'angoisse de moins à se soucier. C'était efficace en diable et trop beau. Trente ans de collaboration exemplaire jetés aux poubelles.

Dernier point et j'arrête: avant, un chômeur avait un dossier papier auquel le fonctionnaire se référait. Maintenant, il y a une panoplie d'écrans par lesquels l'agent ne peut même pas voir la moitié des renseignements nécessaires pour comprendre un dossier. Vive le progrès!

***

Martin Richard, Mouvement action-chômage de Montréal - Le 31 août 2011

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1 commentaire
  • Ginette Bertrand - Inscrite 2 septembre 2011 03 h 06

    C'est malheureusement une tendance lourde

    Le dieu Internet, comme vous dites si bien, est en train de prendre possession de tous les services gouvernementaux. Dès qu'on appelle, la première chose que dit la machine est de consulter le site internet et donne ensuite un nombre invraisemblable de choix et de sous-choix de menus dans lesquels une chatte ne retrouverait pas ses petits.

    Vient ensuite un nombre incalculable d'autres barrières avant de pouvoir accéder enfin, avec un peu de chance, à une VRAIE personne qui pourra enfin répondre. Je plains les pauvres personnes âgées, qui n'ont pas l'internet ni personne pour faire les démarches à leur place, les analphabètes fonctionnels et tous ces gens - beaucoup plus nombreux qu'on ne le pense - qui peinent déjà à se retrouver dans un simple formulaire.

    Et pourtant, le mot d'ordre est partout de couper, couper couper!