Lettres - Monarchiste, Harper?

Rétrograde Harper? Absolument. Machiavélique Harper? Qui en douterait? Monarchiste, Harper? Pas si sûr. Avant ces derniers mois et les épisodes des tableaux de Pellan et des marine et aviation royales, Stephen Harper n'avait pas démontré un penchant particulièrement prononcé pour la monarchie. Au contraire, sa mimique durant les grands événements comme les Jeux olympiques, où il devait se contenter du second rang protocolaire, derrière le gouverneur général, montrait clairement que cela lui déplaisait souverainement.

Et si ce zèle royal soudain, apparu depuis les élections, n'était qu'un outil de plus entre les mains de l'idéologue stratégique constamment en quête d'armes nouvelles pour terrasser ses adversaires politiques? Presque 60 % des députés du NPD représentent le Québec, et plus précisément le Québec francophone, ce Québec qui n'aime pas la monarchie, ou au mieux la tolère. Quelle belle occasion donc de placer dans un pétrin royal la loyale opposition officielle de Sa Majesté, en mettant en rogne une majorité de Québécois et en forçant les députés NPD inexpérimentés (à l'exception de Thomas Mulcair) du Québec à refléter la position antimonarchiste de leurs électeurs, ou alors à démontrer leur attachement à la Couronne britannique à l'encontre de ces mêmes électeurs!

Même si le NPD estime que le Canada devrait un jour rompre ses liens avec la monarchie britannique, dans le climat actuel où le ROC ne cesse d'accuser de traîtrise les Québécois nationalistes de toutes allégeances qui osent avoir quelque lien que ce soit avec un parti indépendantiste québécois, le NPD risque de s'empêtrer dans ses déclarations lors d'un éventuel débat sur la loyauté à la monarchie britannique. Que voilà une occasion en or pour Stephen Harper d'affaiblir la crédibilité du NPD au Canada anglais et d'essayer de tuer dans l'oeuf l'idée même que ce parti pourrait former un jour le gouvernement au Canada!

Tordu, croyez-vous? Pas pour ce premier ministre du Canada capable de tout pour arriver à ses fins.

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Jean Piuze - Québec, le 18 août 2011

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7 commentaires
  • L'ex-Canard - Inscrit 22 août 2011 00 h 59

    Aligner les réformes du Sénat et de la Monarchie

    Cela m'apparait consistant. Je ne crois pas que cela déchirerait le NPD. En fait cela pourrait fort bien rebondir au visage de Harper

  • Ginette Bertrand - Inscrite 22 août 2011 02 h 44

    Vous avez parfaitement raison

    Dès son premier mandat, lorsqu'il s'est rendu compte que ses avances à la belle province n'avaient pas donné grand-chose, Harper a commencé à appliquer son plan B et à tout mettre en oeuvre pour que le Canada se sépare du Québec. Il ne faut pas chercher plus loin l'appui à Terre-Neuve pour le projet du Bas-Churchill. Charest aura beau s'égosiller pour la forme, il sera, comme nous tous, placé devant un fait accompli à plus ou moins brève échéance.

  • François Dugal - Inscrit 22 août 2011 08 h 21

    Avancez en arrière

    À quand le retour du «Red Ensign», drapeau sous lequel ont combattu nos valeureux soldats?

  • Loraine King - Inscrite 22 août 2011 09 h 30

    Une politique étrangère indépendante et canadienne

    Lors de la crise du Canal de Suez le président égyptien Nasser s'était objecté à la présence de troupes canadiennes pour le maintien de la paix parce qu'elles portaient les mêmes symboles et les mêmes noms que les troupes de la Grande-Bretagne. Les citoyens égyptiens ne pouvaient faire la différence entre les Britanniques des Canadiens, soutenait Nasser. Lester Pearson en avait tiré une leçon, et c'est sous son leadership que le Canada adopta quelques années plus tard l'unifolié.

    La crise du Canal de Suez fut un précédent pour le Canada. C'est la première fois que le Canada participe à une mission militaire sans que ce soit la Grande-Bretagne qui le lui demande.

    Harper s'est opposé à la décision du gouvernement Chrétien de ne pas envoyer des troupes pour l'invasion de l'Iraq. Le Canada devrait, soutenait Harper à l'époque, appuyer ses alliés. Le Canada de Harper a-t-il encore le courage de prendre des décisions concernant sa politique étrangères dictées par les besoins et les intérêts du Canada ou obéirons-nous dorénavant aux diktats des gouvernements américains et britanniques ?

  • plan sud - Inscrit 22 août 2011 10 h 45

    deux cotés du 3o sous

    Si on a eu droit au Parti Conservateur pendant des mandats minoritairtes, on ne peut que constater que l'autre versant du Règne Harper, celui majoritaire, en sera un du Reform Party.
    Ce parti si à doite, mais à notre gauche géographiquement. Cette chose ne nous regarde pas, sinon avec dédain, comme autant de nouveaux riches qui croient avoir hérités noblement d'un mérite qui ne reviendrait qu'à eux.
    Malheureusement pour eux, l'absence de Culture diminue l'horizon, qui bientot se referme puisque le Soleil ne tourne pas autour de quoi que ce soi.
    Quand la fin est identique au début...vive l.arène