Lettres - Une logique défaillante

- organiser, à travers le Québec, des assemblées constituantes «officielles» qui dessineraient les «contours» d'un Québec indépendant;

- faire adopter ce «dessin» par l'Assemblée nationale;

- faire adopter ce «dessin» par la population (on imagine au moyen d'un référendum);

- faire adopter, par l'Assemblée nationale, une loi qui établirait la primauté de la Constitution du Québec sur celle du Canada;

- faire prêter serment d'allégeance à la Constitution du Québec aux juges et à tous les serviteurs de l'État.

Le grand défaut, sinon le manque de clarté et de logique de cette séquence, est que, pour franchir chacune des étapes, il faut, au pouvoir à Québec, un gouvernement souverainiste. Et si un parti souverainiste ne prend pas le pouvoir aux prochaines élections, tout ce beau projet va continuer de vieillir, cinq ou dix ans, dans les tiroirs de nos rêveurs. Or personne n'a songé à dire comment on s'y prend pour accéder au pouvoir, avec un projet de référendum à la clé, lorsque les Québécois ne veulent plus entendre parler de référendum.

L'autre travers de ce projet, c'est qu'il ferait adopter par l'Assemblée nationale une nouvelle Constitution pour le Québec, avant d'avoir consulté la population, par référendum. C'est une conception au moins très originale de la démocratie.

Rien pour éclairer ni pour rassurer les citoyens.

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Georges Paquet - Ottawa, le 18 août 2011

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