Lettres - Au Québec, sécurité béton!

Dans son éditorial du 1er août, madame Boileau a bien exposé ce qui mine nos structures de béton.

Il y a, comme elle le dit, trop de «mais»... pour que les Québécois soient rassurés. Mais... le manque d'inspecteurs indépendants... Mais les inspections, quand elles sont faites, ne sont que visuelles; on risque de ne rien trouver de risqué... Mais... et ce n'est pas le moindre «mais», le secret... La recherche de profit des firmes et la recherche de sécurité sont antinomiques, dit-elle en parlant des firmes privées qui s'affairent à inspecter, à réparer...

On soulève d'autre part la question du matériau utilisé. Pourquoi ne pas utiliser l'acier, entend-on, au lieu du béton armé? On répondra que c'est plus cher. Oui, à courte vue, comme on gère le Québec actuellement, mais à long terme, cela vaudrait probablement la peine d'envisager l'utilisation de ce matériau.

Mais... des firmes oeuvrent et décrochent des contrats en béton... Alors, mettons du béton partout! Béton armé, béton massif, même pour ces paralumes dont la fonction n'est pas de soutenir quoi que ce soit. N'y aurait-il pas eu un autre matériau plus léger, qui aurait pu assurer cette fonction? Mais... du béton, mettons-en le plus possible. Il en faut! Contrats béton! Profits béton! Ça rapporte à qui, au juste?

Voilà bien encore une situation qui milite en faveur d'une enquête publique dans l'attribution des contrats gouvernementaux. Mais... on n'en fera pas... ça aussi, c'est coulé dans le béton. Mais... du béton, quand il y a trop de «mais», ça s'écroule!

Je parie que la prochaine élection sera béton et que les élus mettront sur pied une commission d'enquête béton.

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Gisèle Filion - Montréal, le 2 août 2011
 
1 commentaire
  • Henri Marineau - Abonné 3 août 2011 03 h 26

    Les dessous d'un secret bien gardé

    L’effondrement sous le tunnel Ville-Marie soulève bien des questions, notamment au chapitre de la sécurité. La douzaine d’automobilistes qui venaient de franchir le tunnel au moment de la catastrophe s’en sont tirés à bon compte cette fois-ci. Toutefois, à la roulette russe, la chance n’est pas toujours au rendez-vous!

    On n’a qu’à se rappeler les cinq morts et les six blessés graves causés par l’effondrement du viaduc de la Concorde en 2006, à la suite duquel le rapport de la commission Johnson, un an plus tard, proposait au ministère des Transports du Québec tout un train de mesures pour éviter de nouveaux effondrements, entre autres, d’augmenter le nombre d’inspecteurs.

    Depuis lors, même si l’enveloppe budgétaire consacrée à la réfection des infrastructures a quintuplé, les ressources humaines nécessaires pour encadrer l’opération n’ont pas augmenté. En plus, 90% des inspections sont réalisées par des firmes privées qui se contentent souvent d’inspections visuelles.

    Mais là où le bât blesse dangereusement, c’est que l’on vient d’apprendre que les rapports du MTQ signalaient déjà en 2008 le risque de chute de béton au tunnel Ville-Marie. Il semblerait que la règle officielle du ministère soit de garder le secret pour ne pas affoler la population! En réalité, j’ai plutôt l’impression que les jeux de coulisses engendrés par l’octroi de contrats au privé priment encore une fois sur la sécurité publique!