Lettres - À l'auto de payer !

Monsieur le maire Tremblay,

Le transport en commun a besoin d'argent, et c'est aux automobilistes de payer, puisqu'ils en bénéficient directement. Surtout, les usagers, qui ont subi des hausses du double de l'inflation depuis 20 ans (sans compter les compressions dans l'offre de service que l'on vient tout juste de rattraper), ne peuvent plus subir d'autre hausse sans compromettre la compétitivité du transport en commun par rapport à l'auto et, pour les plus démunis, le droit à la mobilité.

Hausser les droits d'immatriculation est inéquitable. Surtout si cette hausse ne touche que les Montréalais! Combien d'entre eux ne se servent de leur automobile que rarement et utilisent le plus souvent le vélo ou le métro?

Pourquoi avoir écarté une hausse de la taxe régionale sur l'essence? Simple, efficace, équitable. Plus vous roulez, plus votre voiture est énergivore, plus vous allez vite, plus vous payez. En taxant l'essence, vous laissez une marge de manoeuvre aux ménages, puisqu'ils ont un certain contrôle sur leur consommation d'essence. Et surtout, vous augmentez l'attrait des autres moyens de transport que l'automobile.

Pourquoi les politiciens ont-ils si peur d'appliquer le principe du pollueur-payeur et de taxer l'essence? Les pétrolières, elles, ne se gênent pas pour faire grimper les prix de 15 ¢ du jour au lendemain, empochant ainsi des millions!

***

Charles Tanguay - Montréal, le 29 juin 2011

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

3 commentaires
  • alen - Inscrit 5 juillet 2011 06 h 56

    Pas d'accord...

    Non, je ne suis pas d'accord avec vous, Monsieur Tanguay. Les automobilistes montréalais ne payent tout simplement pas ce qu'il en coûte à la ville pour leurs automobiles, une fois considéré les rues (boulevards et voies rapides), les ponts, la circulation, la signalisation, l'entretien, le déneigement,.. Il est temps de leur faire réaliser que le seul fait d'avoir une auto a un coût à Montréal, même si c'est juste pour la laisser dans la rue, et qu'on arrête de tout mettre sur le transport en commun.

    Dites moi seulement si c'est normal que ça me coûte 3 $ chaque fois que je prend l'autobus ou le métro et que ça ne coûte rien à mon voisin pour faire le même trajet en voiture? Compte tenu des investissements dans les rues, la signalisation, la circulation, la ...

    Vous êtes chanceux que ça ne vous coûte que 30 quelques $! Ça devrait vous en coûter de 1 000 à 2 000, par véhicule!

  • ragazzino - Inscrit 5 juillet 2011 09 h 18

    En accord

    @Alen:

    Vous vous contredisez... si vous payez 3 $ pour prendre l'autobus et le métro, c'est bien parce qu'il faut financer ses services. On ne met justement pas "tout" dans le transport en commun, on y met que des miettes! C'est pour cela que vous devez payer un 3 $ à chaque fois.

    Je suis tout à fait d'accord avec M. Tanguay. Ramenons les péages partout au Québec et haussons la taxe sur l'essence, de grâce!

  • Jean Richard - Abonné 5 juillet 2011 09 h 39

    Priorité : une vision plus cohérente

    Est-ce que l'automobiliste doit payer plus ou moins ? Vieux débat usé, qui n'a guère fait avancer les choses.

    Les villes se contentent de faire un copier-coller aléatoire de mesures prises dans certaines villes en vue d'améliorer la mobilité urbaine, mais le problème, c'est l'absence de vision.

    On veut augmenter la part globale des déplacements en vélo. Quel était le meilleur moyen pour y arriver, à coût égal : Bixi ou une amélioration du réseau cyclable et la mise en place d'un plus grand nombre de stationnements sécuritaires pour vélo ?

    On veut augmenter la part globale des déplacements par TEC ? Qu'a-t-on fait depuis 20 ans pour y arriver ? Rien, moins que rien ! Des autobus en site propre ne seraient-ils pas nettement plus efficaces que des autobus coincés dans la circulation ? Et si on veut que la part modale des déplacements en TEC monte à 30 ou 40 % comme c'est parfois le cas dans des grandes villes d'Europe, ne serait-il pas normal que la part de la chaussée où les véhicules de TEC se déplacent soit également de 30 ou 40 % ? On en est très loin. Idem pour le vélo : si on veut en augmenter la part globale, il faudra bien que ces vélos puissent circuler quelque part avec un minimum décent de confort et de sécurité.

    Au vélo s'ajoutent les deux-roues motorisés, scooters ou petites motos. Québec la province leur a déclaré la guerre, les fonctionnaires du ministère étant incapables de faire la différence entre ces bolides démesurés ou encore ces bruyants engins de macho, et de petits véhicules urbains peu encombrants et peu énergivores.