Lettres - Injustice du gouvernement envers les psychologues

Les psychologues du réseau public subissent une injustice criante. Alors que le degré de scolarité au Québec est reconnu sur le plan salarial pour toutes les professions, le gouvernement ne semble pas préoccupé par le fait qu'il traite différemment les psychologues du secteur public. Il est tout à fait dans l'ordre des choses que les infirmières bachelières soient rémunérées supérieurement aux infirmières qui ont une formation collégiale, et que les infirmières qui ont obtenu une maîtrise gagnent davantage que celles qui ont un baccalauréat. De la même manière, il serait impensable qu'un médecin spécialiste obtienne le même salaire qu'un généraliste.

Pourtant, malgré le fait que le doctorat soit obligatoire pour obtenir le titre de psychologue, malgré le fait qu'il soit indéniable que le niveau de scolarité supérieur amène nécessairement des responsabilités et des compétences supérieures pour ses psychologues salariés, le gouvernement maintient le salaire d'un docteur en psychologie à un niveau semblable à celui d'un bachelier travaillant dans le système de la santé.

On reconnaît les problèmes de recrutement et de rétention des psychologues dans le secteur public et on cherche à y apporter des solutions sans remédier à cette injustice qui permettrait de régler ces problèmes: nous aimerions obtenir le salaire conforme à notre degré de compétence et de responsabilité découlant de nos études doctorales, comme tous les autres professionnels qui bénéficient d'un salaire adapté à leur niveau de scolarité. Le but de ce texte n'est pas d'inciter les psychologues à utiliser des moyens de pression dérangeants pour gagner leur cause, mais il invite à une réflexion censée et respectueuse du gouvernement envers ses psychologues salariés.

***

Marie De Grâce, D.Ps., psychologue - le 27 juin 2011

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4 commentaires
  • celljack - Inscrit 4 juillet 2011 09 h 25

    Le cours qui manquait

    Un doctorat en psychologie, c'est bien beau, plein de cours. Ce qui manque, c'est le cours d'économie 101. La loi de l'offre et de la demande.

    Nos besoins essentiels et urgents nécessitent d'avantage de gens qui travaillent dans le domaine de la santé que de psychologues.

    Pour terminer, mon opinion bien personnel, c'est que la psychologie est un service volatile et intangible, dont il est impossible de vérifier scientifiquement l'efficacité. Je doute qu'il soit approprié de verser un seul sou public pour cela.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie#La_psycho

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Critique_de_la_psycha

    Si vous voulez faire de l'argent, si vraiment vos services peuvent valoir leur pesant d'or, ouvrez votre cabinet privé.

  • propusto - Inscrit 4 juillet 2011 11 h 52

    Le cours qui manque...

    Et vous, cher «celljack» même pas capable de vous identifier, c'est un cours d'humanisme 101 qui vous manque.
    Votre commentaire démontre à quel point vous n'avez aucune connaissance de ce qu'est un être humain ou encore la psychologie.
    Pour y avoir oeuvré pendant 35 ans, je peux affirmer que les psychologues apportent une aide précieuse et appréciée à une énorme clientèle qui a besoin de ce service dans le secteur public.

    Michel Gagnon

  • M_PC - Inscrit 4 juillet 2011 23 h 52

    @celljack

    L'augmentation des listes d'attentes pour rencontrer un psychologue dans le domaine public ainsi que le fait que les psychologues en milieu privé gagnent en moyenne largement plus que dans le public prouvent que la demande surpasse l'offre. Le salaire est maintenu bas artificiellement. Conséquence: seuls les gens fortunés peuvent (pourront) rencontrer un psychologue.

    Les besoins en santé mentale sont aussi essentiels et urgents que les autres problèmes de santé. Des tonnes d'études démontrent régulièrement l'impact important sur la qualité de vie ainsi que les coûts secondaires faramineux associés à des troubles très répandus comme la dépression, l'anxiété pathologique, etc. Troubles qui répondent très bien aux traitements psychologiques.

    L'efficacité de la psychologie clinique peut facilement être vérifiée scientifiquement à l'aide d'étude de traitement avec groupe contrôle randomisé (comme pour les médicaments). Certains courants marginaux de la psychologie résistent à l'idée de la validation scientifique, mais ces gens se trouvent rarement (jamais) dans le milieu public au Québec. La classification des troubles mentaux peut en effet être critiquée sur certains points, mais c'est la même qui est utilisée en psychiatrie et de nombreux chercheurs travaillent quotidiennement à son amélioration.

    Certes, si les psychologues veulent faire de l'argent, ils peuvent ouvrir un cabinet privé comme vous le suggérez finalement. Mais il y a ici une perte importante pour la société qui refuse alors à ses éléments les plus vulnérables d'avoir accès à des soins psychologiques. Lorsque la majorité des psychologues seront dans le milieu privé, le gouvernement se verra obligé les engager comme sous-traitants étant donné la pénurie, car que vous soyez d'accord ou non, il s'agit d'un service essentiel. Croyez moi, la facture sera beaucoup plus salée à ce moment.

  • Steve Campbell - Inscrit 11 juillet 2011 14 h 24

    @celljack

    En effet, il y a un mouvement des psychologues vers le privé, car c'est clairement plus payant. Mais ce n'est pas plus payant pour la société, car seuls les plus riches peuvent se payer un psychologue dans le privé.

    Saviez-vous, par exemple, que la première cause d'absence au travail est la maladie mentale ? Que déjà, en 1984, on estimait que la détresse psychologique coûtait 13 milliards de dollars par année au Canada seulement dans le monde du travail ?

    M. celljack, toutes les études sérieuses montrent que le coût d'un psychologue est très inférieur à l'argent qui est économisé grâce à son intervention.

    Enfin, je vous rappelle que la très grande majorité des grandes sociétés, tant publiques que privées, offrent à leurs employés des services d'aide psychologique, sous forme de Programme d'Aide aux Employés (PAE).

    Croyez-vous vraiment que les entreprises privées paieraient le psychologue à leur employé si ce n'était pas rentable pour elles ?