Lettres - La fin du Mardi gras québécois

Pour une grande majorité de jeunes Québécois, la Saint-Jean est l'expression d'une soirée mémorable où, en l'honneur du début de l'été et pour une seule fois, il est permis de festoyer dehors, non de «far-wester».

Hier, M. Labeaume annonça son intention de sévir contre la consommation d'alcool en haute ville lors des prochaines célébrations de la fête du Québec. À cet égard, non seulement les moyens envisagés sont-ils mauvais, mais l'idée même de transformer ce Mardi gras québécois en fête familiale relève d'une incompréhension totale du phénomène.

D'une part, le fait d'instaurer des périmètres de sécurité et d'encourager les policiers à délivrer des constats d'infraction fera certainement fuir les fêtards vers des endroits sans surveillance. Selon toute logique, il encouragera aussi la consommation de drogue à l'intérieur des périmètres, cette dernière étant plus facile à dissimuler que l'alcool.

D'autre part, «transférer» cette fête du 23 au 24 juin est ridicule, si ce n'est que cela pourrait occasionner une Saint-Jean s'étalant sur deux soirées.

Bien sûr, M. Labeaume pourrait s'attirer un capital de sympathie après les incidents probables qui surviendront. Bien sûr, les amendes distribuées par centaine diminueront le coût de l'opération policière. Mais du coup, les citoyens de Québec perdront leur Mardi gras, leur carnaval de Rio.

Depuis des générations, des milliers de jeunes Québécois fêtent en liesse la Saint-Jean sur les plaines d'Abraham, et ce, peu importe la pluie ou le froid, démontrant ainsi toute l'ardeur qui les anime en cette soirée. Au lieu de leur interdire l'accès et de les éparpiller, au lieu de les amender ou de les arrêter, ne vaut-il pas mieux essayer pour une fois de les éduquer?

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Guillaume Gendreau - Québec, le 15 juin 2011
10 commentaires
  • Henri Marineau - Abonné 17 juin 2011 03 h 34

    La Saint-Jean...beuverie ou party?

    C’est bien connu, depuis bien des années, le traditionnel rassemblement sur les plaines d’Abraham lors des fêtes de la St-Jean revêt un caractère festif, et, qui dit fête dit party! À cet effet, pouvez-vous imaginer un party sans alcool…surtout pour des jeunes?
    Actuellement, le débat semble tourner autour de la consommation d’alcool dans les rues de la Ville, ce qui, de toute façon est interdit en tout temps. Eh bien, contentons-nous d’appliquer les mesures de sécurité qui s’imposent à ces endroits! Pour le reste, place à la Fête!

  • Le prince du Nord - Inscrit 17 juin 2011 07 h 20

    Le phénomène

    Le phénomène comme vous l'écrivez se nomme intoxication volontaire! Si c'est l'image du Québécois que vous voulez montrer à la face du monde, bien à vous! Aussi bien enfermer toutes ces personnes dans un lieu fermé avec des ambulanciers, leur faire signer une décharge de non-responsabilité et de les saouler jusqu'à ce qu'ils soient tous malades. Quand on est rendu à faire un lien avec Fête Nationale et beuverie, ça ne fait pas un pays en devenir très fort!

  • Socrate - Inscrit 17 juin 2011 07 h 21

    brocolis

    Pourquoi pas une fête du brocoli pour les tout-petits?

  • André Chevalier - Abonné 17 juin 2011 08 h 07

    @Le prince du Nord

    «Quand on est rendu à faire un lien avec Fête Nationale et beuverie, ça ne fait pas un pays en devenir très fort!»

    Mais ça fait un pays qui aime le fort.

  • Francois Bouchard - Inscrit 17 juin 2011 08 h 33

    L'ami des commanditaires

    M. Labeaume fait partie des affairistes de la culture subventionnée; il est à ce titre un spécialiste pour dépenser l'argent des autres. Sa nouvelle initiative vise tout simplement à diriger les fêtards assoiffés vers les kioskes des commanditaires officiels, dont il se fait le valet.