Lettres - Démocratie malade

On cherche toujours à expliquer la faible participation des citoyens aux élections et la désaffection, surtout des jeunes, à l'égard de la politique. Si besoin était, la dernière élection nous donne ample matière à réfléchir.

Que s'est-il passé, en effet? À l'échelle canadienne, 60 % des électeurs ont voté pour renvoyer le gouvernement Harper. Au Québec, 80 % des électeurs ont fait de même. Résultat? On se retrouve avec Harper à la tête d'un gouvernement majoritaire. Contrôlant désormais les Communes et le Sénat, il va pouvoir faire passer sans difficulté tout le programme qui a été massivement rejeté par l'électorat. Depuis 1962, j'ai exercé avec application mon devoir de citoyen plus d'une vingtaine de fois. Eh bien, mon vote n'a à peu près jamais compté. Même quand le parti que j'appuyais gagnait l'élection, le candidat pour lequel j'avais voté perdait régulièrement la sienne, de sorte que mon vote n'avait servi strictement à rien. Totalement désabusé, je ne votais plus, depuis quelques années, que pour que mon vote serve au moins à financer le parti que j'appuyais. La dernière élection a fait sauter cette ultime raison: sans que les députés représentant une forte majorité des électeurs y puissent quoi que ce soit, Harper va abolir le financement public des partis politiques. Les politiciens qui nous affirment, le soir de l'élection, que «le peuple a parlé» et qu'ils «respectent sa décision» se moquent de nous tous. Lundi dernier, le peuple a parlé, et fort. Résultat: il aura pour les prochains quatre ans un gouvernement qu'il a répudié...

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Georges Langlois - Montréal, le 6 mai 2011
9 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 10 mai 2011 05 h 55

    Cher Georges Langlois, poussez un peu plis loin votre analyse.

    Si vous examiniez les résultats de plusieurs élections fédérales et provinciales, vous verriez que la faiblesse de notre système électorale est bien réelle, mais qu'elle favorise tantôt un parti, tantôt un autre. Ce n'est pas un système parfait, mais il en vaut bien d'autres. Ainsi, le PQ et le parti Libéral ont tour à tour accédé au pouvoir avec moins de 50% des votes des électeurs. Même chose au fédéral.

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 10 mai 2011 06 h 02

    Eh oui...

    Une démocratie malade et des partis politiques incurables... tant au provincial qu'au fédéral.

  • Pierre Leyraud - Inscrit 10 mai 2011 06 h 37

    Démocratie et apparence de démocratie !!

    En effet notre démocratie est bien malade et on prend pour de la démocratie un ensemble de règles de désignation de "nos" représentants. Un droit de vote universel et majoritaire nous fait miroiter un régime démocratique alors qu'à tous les niveaux (municipal, provincial,fédéral ) on ne finit pas de compter les collusions qui ignorent totalement "nos"élu-e-s. C'est quand même un comble de voir reporter au gouvernement un parti qui a été défait pour outrage au parlement !!
    Le résultat des élections c'est un chèque en blanc pour le nouveau gouvernement et nous vivons de plus en plus dans une démocratie formelle.

  • Monsieur Pogo - Inscrit 10 mai 2011 07 h 08

    @Georges Langlois

    <<60 % des électeurs ont voté pour renvoyer le gouvernement Harper. Au Québec, 80 % des électeurs ont fait de même. Résultat? On se retrouve avec Harper à la tête d'un gouvernement majoritaire. Contrôlant désormais les Communes et le Sénat, il va pouvoir faire passer sans difficulté tout le programme qui a été massivement rejeté par l'électorat.>>

    Vous illustrez à merveille la signification de l'adage que je fais mien : Élections, piège à cons.

  • François Dugal - Inscrit 10 mai 2011 08 h 24

    La proportionnelle

    À quand la proportionnelle?