Lettres - Les pieds dans l'eau, pourquoi ?

Étant biologiste spécialisée en étude des milieux humides notamment, je vous remercie de l'éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, ce matin (le 6 mai). J'ai fait deux études d'inventaire des derniers milieux humides du Richelieu dans les années 2000, dont une pour le MDDEP et l'autre pour Conservation de la nature Canada. Entre la frontière américaine et Saint-Jean-sur-Richelieu, il ne restait, en 2002, qu'une vingtaine de milieux humides riverains résiduels capables d'absorber les eaux de la rivière en cas d'augmentation du niveau. Même constat au nord de Saint-Jean. Tout a disparu au profit de la productivité agricole (reprofilage des ruisseaux agricoles depuis plus de 50 ans pour les transformer en fossés), du développement urbain et des chalets à proximité de l'eau...

Encore hier, on me demandait d'établir la ligne naturelle des hautes eaux pour gagner un ou deux mètres et ainsi rapprocher le plus possible une résidence de la rivière des Mille-Îles... Sans parler de la destruction des bandes riveraines, et ce, même depuis l'adoption de la politique nationale qui date des années 80. Le tout avec l'aval du MDDEP et des municipalités, car les permis sont toujours accordés, la loi le permettant moyennant l'obtention d'un certificat d'autorisation. Merci de parler un peu de cette problématique qui risque de se perpétuer, car le bonheur semble avoir les pieds dans l'eau.

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Kim Marineau - Le 6 mai 2011

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