Lettres - Au service de l'unité canadienne

Élection après élection, le Bloc québécois se présente comme le parti pouvant le mieux défendre les intérêts du Québec. Plusieurs fédéralistes pourfendent ce parti qu'ils perçoivent comme une nuisance à l'unité canadienne. Bon nombre de souverainistes y voient la seule option valable aux élections fédérales. Et pourtant...

Le Bloc est peut-être le parti qui contribue le plus à l'unité canadienne. Sauf erreur de ma part, le Bloc se veut le chien de garde des intérêts du Québec à la Chambre des communes (que peut-il faire d'autre?). Avec les intérêts québécois ainsi veillés, l'urgence de la souveraineté s'en trouve dépressurisée. En effet, pour qu'une masse critique de Québécois adhère au projet souverainiste, il faut que ces Québécois pensent qu'il vaut mieux passer par les «embûches de la souveraineté» que de continuer à vivre les «embûches du fédéralisme». La faisabilité de la souveraineté du Québec repose donc largement sur la perception que les embûches fédéralistes réelles sont significativement plus incommodantes que les embûches anticipées de la souveraineté.

Élire des députés fédéraux qui s'engagent à défendre le mieux possible les intérêts du Québec ne contribue pas à accroître la perception que le fédéralisme est pire que la souveraineté. Au contraire, cela peut conduire à conclure qu'on peut s'accommoder du cadre fédéral actuel puisqu'il y a moyen d'y être entendu. Les souverainistes s'éloignent alors de leur objectif.

Le Bloc devient donc une sorte de police d'assurance prévenant la souveraineté du Québec, puisque nos vaches sont bien gardées et qu'on est alors moins tenté de voter «oui» à un référendum quand on a moins de raisons de le faire. De surcroît, plus le Bloc parvient à faire élire de députés, moins il y a de députés pouvant être ministres au gouvernement fédéral.

Je mets au défi les fédéralistes d'avoir une meilleure idée permettant d'atténuer davantage les ardeurs souverainistes tout en arrivant à tasser autant les Québécois du pouvoir.

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Louis-Félix Bergeron - Montréal, le 26 avril 2011
4 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 28 avril 2011 08 h 04

    Pas d'accord.


    Ce n'est pas vrai. Le Bloc n'est pas dutout au service de l'unité canadienne.

    Vous vous leurrez.

    Le Bloc fait en sorte que, si la souveraineté du Québec se réalise, ce que je souhaite de tout mon coeur, elle va se faire démocratiquement et sans effusion de sang.

    Si une majorité de Québécois et de Québécoises finissent par la vouloir et agissent en conséquence au moment opportun, ce sera parce qu'ils l'auront décidé en toute conscience et non pas parce qu'ils auraient été "pressurisés".

    Je ne favorise pas dutout l'adoption d'une politique du pire parce qu'elle peut justement mener au pire.

  • François Dugal - Inscrit 28 avril 2011 11 h 08

    Le Bloc

    Quand le Bloc est à Ottawa, les libéraux sont à Québec.
    Quand le danger sera à Ottawa, le PQ sera à Québec.

  • Jean-Pierre Bouchard - Inscrit 28 avril 2011 13 h 36

    Le parlement fédéral unitaire défend un seul peuple: canadien

    Les Québécois sont libres de voter oui ou non pour le BQ depuis 20 ans. En 2000 avant les sondages actuels, le BQ a fait élire 38 députés sur 75. Des députés fédéralistes d'ici aux communes, il y a en eu et ces députés libéraux ont participé sans scrupules à l'opération de propagande des commandites pour subir la défaite en 2004.

    Ce débat on le connaît, un problème de vice subsiste quant à l'idée de la fin du BQ lorsqu'on sait que le parlement fédéral existe, que l'élection de députés fédéralistes du Québec comme ceux du NPD ne fera que cela contribuer à renforcer l'État canadien au Québec tout en entretenant l'obligation sociale de la dépendance en rendant Québec sous l'objet plus que jamais de la qualité ou non des transferts sociaux transférés aux provinces. Une variante de l'expérience fédérale libérale voilà ce qu'est le NPD.

    Les députés fédéralistes du Québec à Ottawa ne font que cela prétendre à la même légitimité que ceux de l'Assemblée nationale. Ce qui à créé des problèmes au référendum de 1980.

    Vice de forme dans le raisonnement.

  • Henri Marineau - Abonné 29 avril 2011 20 h 02

    Une campagne utile et révélatrice

    Même si la campagne a tardé considérablement à prendre son envol, je dois admettre que les derniers sondages lui ont permis, non seulement de s’envoler, mais aussi d’atteindre une altitude imprévisible. Si ce n’était que de cela, elle aura été utile à provoquer des débats qui n’avaient pas suscité autant d’intérêt de la part de l’électorat québécois depuis bien des campagnes!
    Nul doute que l’engouement croissant envers Jack Layton aura contribué à maintenir l’intérêt des citoyens pour cette campagne électorale. En contrepartie, le Bloc a dû se défendre constamment sur la pertinence de son existence à Ottawa, certains commentaires allant jusqu’à proposer sa dissolution. En somme, une campagne qui risque de battre tous les records de cotes d’écoute au soir du 2 mai!

    Henri Marineau
    Québec