Lettres - Respecter la générosité

Marie, préposée en résidence, reçoit le salaire minimum. Elle envoie une partie de ses économies en Haïti. La concurrence entre les agences de transfert lui permet de payer de trois à six fois moins cher que mon voisin Paul, qui envoie de l'argent au Congo, là où une agence a le monopole. Les banques et les mandats postaux sont encore plus chers. Ces exemples reflètent une analyse de la Banque mondiale au sujet des transferts d'argent de personne à personne.

Chaque année, 43 milliards de dollars sont perdus en frais de transfert, alors qu'au moins deux milliards de personnes vivent encore avec moins de 2 $ par jour. En 2009, le G8 a fixé l'objectif dit «5x5» visant à réduire le coût moyen des transferts de 10 % en 2008 à 5 % cinq ans plus tard. Conséquemment, 100 $ de plus seraient disponibles aux proches de Paul chaque année, assez pour scolariser un enfant ou pour traiter un malade.

La santé et l'éducation influencent la productivité et l'avenir d'un pays. Elles sont préalables à la réduction de la taille des familles, ce qui ralentit la croissance démographique et améliore les chances de stabiliser l'environnement physique et social.

Hélas, atteindre l'objectif «5x5» réduirait les profits et la valeur des actions en Bourse des agences de transfert d'argent. Il doit bien y avoir moyen de délester les plus pauvres des frais trop élevés tout en faisant atterrir en douceur la valeur des actions.

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