Lettres - Merci Benoît Lacroix

Que cette parole «reliante» trouve ainsi sa place dans un journal pour souligner deux grandes fêtes chrétiennes, cela était rafraîchissant, voire rassurant. En ce 24 décembre 2010, le dominicain nous avoue candidement à la fin de son texte sur Marie que c'est le dernier. À 95 ans, cinq de moins que l'illustre quotidien, ça devait bien arriver un jour. Il me semble qu'un éditeur pourrait rassembler ses textes dans une belle anthologie. Je tiens à remercier la direction du Devoir d'avoir accueilli les méditations du père Lacroix. Merci surtout au religieux qui ne cherchait pas à convaincre, à avoir raison, encore moins à convertir. Benoît Lacroix s'ouvrait au mystère, tel un mystagogue qui s'émerveille à la manière des enfants, à qui appartient le Royaume, nous dit Jésus. Il invitait à sa table ceux et celles qui leur ressemblent: les sages, les poètes et les mystiques. Il savait boire à son propre puits et désensabler la source de la tradition chrétienne en l'ouvrant à la poésie et aux autres religions. Sa plume va me manquer, mais je respecte son silence, «ce langage sacré dans lequel on goûte l'amour», écrivait Marie de l'Incarnation.

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Jacques Gauthier - Auteur et animateur du Jour du Seigneur, Gatineau, le 26 décembre 2010

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