Lettre - Les PPP ont le dos large

Je lis encore ces jours-ci dans Le Devoir, sous la plume de Mme Kathleen Lévesque, un reportage sur l'analyse du professeur Hamel sur les PPP, celui du CHUM en particulier. Les PPP ont le dos large, il me semble. En effet, on oublie que les projets comme le Stade olympique, le métro de Laval, l'échangeur L'Acadie, pour ne nommer que ceux-là, ont coûté de 3 à 7 fois plus cher que leur estimation originale. Or ils n'ont pas été réalisés en PPP, mais bien en mode traditionnel.

En fait, et sauf le respect que je dois au professeur Hamel, aucun mode de réalisation de projet majeur d'infrastructure publique n'est à l'abri de dérapage, de collusion ou de corruption. Ce sont plutôt les personnes qui en préparent les devis, en négocient les grands engagements et qui éventuellement, en recommandent ou en décident l'octroi qui sont en cause.

Le mode de réalisation en véritable PPP comporte en effet plusieurs avantages que les modes traditionnels n'offrent pas, notamment le partage du risque financier, une économie majeure sur les honoraires professionnels, une optimisation des ressources et une qualité obligée du bien construit ainsi qu'une garantie légale prolongée des ouvrages.

Rares sont les études sur les PPP faites au Québec. Il y a bien eu un travail fait par le professeur Pierre J. Hamel, cautionnée par l'INRS en 2007 (Les Partenariats public-privé (PPP) et les municipalités. Au-delà des principes, un survol des pratiques; Montréal, INRS - Urbanisation, septembre 2007, 108 pages). Mais par-delà une revue intéressante sur les échecs de projets réalisés en PPP dans le monde, le document ressemble plus à une charge à fond de train contre les PPP et se révèle parfois méprisant pour les élus. L'étude n'a malheureusement rien de scientifique.

Pour conclure que les PPP sont un mauvais mode de réalisation des projets majeurs d'infrastructures publiques, ne faudrait-il pas en comparer les expériences à celles des autres modes? Ce travail plus sérieux, il me semble, manque au Québec et mériterait qu'il soit fait par des chercheurs soucieux de trouver la vérité sur les vices des divers modes de réalisation, plutôt que de ne s'attaquer qu'au mode PPP, en suivant l'air du temps.


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