Lettres - Le syndrome Hygrade

Plus de gens quittent Montréal parce que les taxes sont trop élevées. Les taxes sont trop élevées parce que plus de gens quittent Montréal. Tout le monde est d'accord pour réduire les déplacements en voiture dans les villes, mais encore faut-il être cohérent. On sait que la Ville a besoin d'argent. Les structures seraient-elles trop lourdes? Sans aucun doute.

On parle d'une taxe de 45 $ par véhicule immatriculé à Montréal. La redistribution d'un pourcentage des taxes sur l'essence ne serait-elle pas plus juste? Pourquoi pénaliser ceux qui essaient d'utiliser des moyens de transport autres que leur voiture, pour, entre autres, réduire la pollution?

Pourquoi les transports en commun ne sont-ils pas gratuits durant la journée sans voiture? Soyons conséquents.

Les commerces ne peuvent pas survivre uniquement grâce aux riverains. Ils ont besoin de visiteurs, mais on veut réduire les espaces de stationnement sur le Plateau et on veut augmenter le tarif des parcomètres à 3 $ l'heure dans les rues commerciales. Veut-on que le Plateau redevienne ce qu'il était il y a 30 ans? Veut-on faire mourir les commerces de proximité qui permettent au Plateau d'être justement ce qu'il est? Veut-on que les citoyens aillent plutôt faire leurs courses dans les centres commerciaux, où il est facile de se garer? Accepterait-on des parcomètres obligatoires dans les stationnements des centres commerciaux?

Les citoyens du Plateau ont maintes fois démontré qu'ils étaient ouverts aux changements, mais encore faut-il comprendre leurs problèmes quotidiens et suivre un certain ordre dans la logique de l'application de la réglementation.

On parle d'installer des parcomètres dans les rues résidentielles. Est-ce pour que les citoyens aillent travailler en voiture dans des arrondissements moins gourmands? Le nettoyage des rues est passé de deux fois par semaine et par côté de rue à une fois par semaine. La raison invoquée était de simplifier la vie des citoyens qui n'allaient pas travailler en voiture. Maintenant, on veut les pénaliser en ajoutant des parcomètres dans les rues résidentielles.

Les voitures ne vont pas disparaître du jour au lendemain. On s'attend à moins de harcèlement envers les automobilistes et à plus de gestes conséquents et cohérents.

On doit penser à offrir un service de remplacement à la population et, ensuite, à adopter des règlements incitatifs. L'inverse s'avère risqué. Allons-y doucement et respectons une certaine logique dans les priorités.
1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 21 décembre 2010 10 h 40

    La fin du tout-à-l'auto n'est pas la fin du monde

    Qu'on cesse de nous prédire la fin du monde parce qu'on essaie de proposer un mode de mobilité urbaine qui tente de s'écarter du tout-à-l'auto, parce qu'on ne veut plus que Montréal soit un vaste stationnement gratuit plutôt qu'un milieu de vie humain.

    Il n'y a pas de harcèlement envers les automobilistes : il y a plutôt un timide signal que le privilège indu qu'on leur a accordé pendant trois quarts de siècle est devenu incompatible avec la ville moderne, avec une société en voie de se moderniser.

    Si le désir de Montréal d'en découdre avec le tout-à-l'auto n'était que la lubie d'un petit groupe habitant un quartier donné, on pourrait s'interroger sur sa pertinence. Mais la réalité est toute autre : Montréal ne fait que suivre avec un retard considérable la voie tracée par d'autres métropoles à travers le monde. Même des groupes très conservateurs comme des chambres de commerce reconnaissent que le tout-à-l'auto est un cul-de-sac et que si on ne prend pas une autre voie, ça risque d'hypothéquer l'avenir de Montréal.

    L'augmentation de la population automobile à Montréal n'est pas linéaire mais quasi-exponentielle, et surtout, elle n'est pas proportionnelle à l'augmentation de la population, mais bien supérieure. Cette surpopulation automobile est responsable de l'augmentation des coûts d'entretien des infrastructures, d'une perte d'efficacité des services de voirie, du déneigement et des transports en commun de surface.