Lettres - L'éducation à la sexualité... loin des groupes de pression

L'éducation à la sexualité verra enfin le jour dans nos écoles. Il faudra cependant que celle-ci soit préparée, structurée avec soin par de vrais professionnels dans le domaine et non influencée par des groupes de pression, qu'ils soient d'obédience syndicale, féministe, religieuse ou autre.

La neutralité scientifique des connaissances au sujet de la sexualité humaine devra être à la source du programme pédagogique officiel. Il faudra aussi y associer l'aspect amoureux de la sexualité et non uniquement se concentrer sur les aspects négatifs de celle-ci. Il est malheureusement beaucoup question depuis trop longtemps des maladies, des difficultés reliées à la sexualité, mais rares sont nos pseudo-experts, intervenants de toutes sortes, qui abordent l'engagement amoureux, la beauté de la sexualité humaine...

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Jean-Pierre Gagnon - Pédagogue retraité, le 17 décembre 2010
4 commentaires
  • Dominic Claveau - Inscrit 18 décembre 2010 13 h 07

    Sages paroles

    J'espère effectivement que c'est sur cette voie que sera orientés ces nouveaux cours... Quand le gouvernement a décidé d'arrêter l'enseignement de ces cours, je me suis dis que nos ados n'allait pas manquer grand chose... surtout nos ados de sexes masculins. En effet, j'ai pour mémoire que l'essentiel de l'"éducation" sexuel qu'on nous enseignait était combien les MTS (les "ITS" de l'époque) nous guettais (avec vidéo à l'appui) et surtout combien nous les jeunes gars étaient méchants avec nos collègues jeunes filles et qu'on ne pensait qu'à leur sauter dessus pour les violer (avec vidéo à l'appui!). Ho! Je dois dire qu'on a voulu faire amende honorable et nous présenter un petit vidéo "positif" sur la sexualité, en bande dessiné (demandons en pas trop). Scandale au comité de parent! Ce vidéo n'a été diffusé qu'une seule fois dans une classe! Je ne parle pas ici d'histoires des années 60... mais 80 quand même. Meilleurs souhaits de bon cours de sexualité aux ados en 2010!

  • Sylvie Rochon - Abonné 18 décembre 2010 15 h 44

    Le rôle de la philosophie

    Vous avez raison M.Gagnon, la sexualité est trop souvent présentée comme une activité dangereuse, vicieuse, voire animale. Il est évident que certains faits permettent d'entretenir cette idée: sexe payant, vulgaire, maladies.
    Mais il y aussi la tendresse, l'érotisme, l'amour qui guident nos gestes en sexualité. Le sublime, la certitude d'atteindre à l'une des vérités essentielles de la vie dans le vertige du plaisir, cela fait aussi partie de la sexualité. Peut-on parler de cela à des jeunes? Fort probablement. La philosophie (je ne pense pas ici à Sade ou à Bataille) permet de le faire. Emmanuel Lévinas, très pudiquement mais tout aussi clairement, s'est penché sur la question amoureuse, sur la caresse et la portée éthique qu'elle devrait dévoiler. Une femme est vulnéfrable dans la rencontre érotique, soutient-il, au grand dam des féministes. Ce que signifie Lévinas, c'est que tout le corps de la femme peut recevoir, hélas, la honteuse offense du geste masculin et il importe, soutient-il, que les hommes le comprennent. La présentation des principes de cette approche mériterait d'être faite auprès des jeunes car la sexualité, avant de bien se faire, devrait bien se réfléchir.

  • Mario Plourde - Inscrit 19 décembre 2010 17 h 16

    Préparation à l'interaction citoyenne

    La sexualité ce n'est pas juste fuir la maladie. Dans notre société qui n'est plus un village, il faut savoir les techniques de bienséance pour faire de nouvelle rencontre et rompre une relation de façon à respecter les parties prenantes. Certains pays le font déjà. L'enseignement de la technique c'est aussi donner des pistes pour ressentir du plaisir de la sexualité et en faire ressentir. Démystifier l'amour et la reproduction à la maternelle au primaire est une chose, mais il faut également donner des ressources au secondaire pour qu'une personne aille plus tard dans sa vie d'adulte voir un sexologue suivant d'éventuel problème de dépendance amoureuse ou de dysfonction.

    L'idéal est de viser une société où tous seraient actualisés sur le plan sexuel ou du moins en aurait la capacité.

  • d.lauzon - Inscrite 19 décembre 2010 19 h 52

    Un cours sur la sexualité à l'école est nécessaire mais...

    J'ai souvent vu la sexologue Jocelyne Robert dans différentes émissions de télé et j'ai toujours été impressionnée par ses commentaires sur la sexualité. Mme Robert a une approche humanisante de la sexualité et je serais rassurée de voir une personne aussi qualifiée en charge d'une équipe qui verrait à établir un cours de sexualité, adapté à chaque groupe d'âges, dans les écoles.