Lettre - Obésité morbide

D'après un article paru le 15 décembre dans vos pages, il y aurait 300 000 personnes au Québec en situation d'obésité morbide. Je suis étonnée de ce nombre si élevé.

Selon des sources crédibles (Arnaud Basdevant, professeur de nutrition de l'Université Pierre-et-Marie-Curie et chercheur au Centre hospitalier Piété-Salpêtrière), une personne obèse sur dix évolue de façon prévisible vers une condition morbide. Avec un taux d'obésité touchant 23 % de la population, selon l'Institut national de santé publique du Québec, on aurait ici pratiquement deux fois plus de personnes susceptibles de devenir des clients sur les listes d'attentes pour une chirurgie bariatrique que le prédit cette estimation. Le mode de vie nord-américain sera ici montré du doigt pour expliquer cette situation.

Justement. Militer contre l'obésité morbide impliquerait-il aussi de s'interroger sur cette évolution inquiétante? La déresponsabilisation des autorités politiques quant à des pratiques industrielles et commerciales abusives qui favorisent l'apparition de nombreuses maladies et empirent certaines conditions est grandement à questionner. Comme pour beaucoup d'autres problématiques de santé, le système permet la mise en place de pratiques à risques (offre omniprésente et insistante de nourriture à forte densité calorique), blâme l'individu de s'y piéger, le rend seul responsable des conséquences encourues et des solutions à subir. Et pour certains, le prix est plus élevé que pour d'autres. La société fabrique l'obésité, mais ne la tolère pas. Il faut espérer un changement de cap afin que le recours à des solutions aussi lourdes que la chirurgie bariatrique devienne aussi rarissime que l'utilisation des électrochocs.


2 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 17 décembre 2010 07 h 30

    Un GROS merci !

    Madame Lesage, merci pour cette lettre fortement sage et éclairante.

    Depuis longtemps et à maintes fois, en vain,
    je demande un sommet canadien et même nord-américain sur «Moins de sel Moins de gras Moins de sucre».

    Ensemble, nous serions capables de nous entendre
    sur une approche et des stratégies génératrices de mieux-manger et de mieux-être.

    C’est le goût du profit sans éthique et sans équité qui souffre d’obésité morbide.

    Sans un changement sociétal majeur, nous serons écrasés par l’énorme poids du TROP. Et ce sera lourd à vivre.

  • Françoise Breault - Abonnée 17 décembre 2010 17 h 42

    Toxic

    Le livre Toxic du journalisme William Reymond, explique clairement les véritables raisons de cette augmentation de l'obésité dans notre société, raisons dont on parle très rarement dans nos médias car ils remettent en cause de puissantes transnationales... et nos médias comptent sur leur publicité pour vivre.