Lettres - Un nouveau souffle

La culture politique québécoise a besoin d'un nouveau souffle, de fraîcheur pour redonner de la couleur au visage de la démocratie. Des idées existent et méritent l'attention des Québécois et Québécoises désirant prendre en main le présent et l'avenir de l'État.

Revigorer la culture politique en déposant premièrement un projet de loi concret sur la réforme du mode de scrutin afin de permettre à de plus petits partis de prendre part aux débats ne serait pas un caprice. Du fait de la diversité des opinions et orientations politiques dans la société, je pense que nous devons transposer cette diversité dans les débats de société. Cette représentativité permettrait d'atteindre plus de profondeur dans l'argumentation. Le vote partisan mine la discussion et le débat d'idées en instituant des rhétoriques d'autodéfense cherchant à diminuer la crédibilité des autres et débouche trop souvent sur l'immobilisme et le cynisme. Et pourquoi constamment baser notre vote sur la question nationale? Voter bleu ou rouge, ce n'est plus ce que les Québécois veulent puisqu'ils ne s'y sentent plus interpellés. La réflexion à propos du mode de scrutin proportionnel ou mixte mérite de passer de la parole aux actes. Nous avons les politiciens que nous méritons. Travaillons pour nos propres intérêts collectifs et valorisons davantage les députés indépendants tant qu'à y être.
1 commentaire
  • Daniel Faucher - Inscrit 30 novembre 2010 12 h 39

    Permettre aux minorités de participer au gouvernement

    Bien d'accord avec M. Gagné sur le vote proportionnel. Mais, si j'ai bien compris son point de vue, ce n'est pas pour les mêmes raisons.
    «Le vote partisan mine la discussion et le débat d'idées en instituant des rhétoriques d'autodéfense cherchant à diminuer la crédibilité des autres et débouche trop souvent sur l'immobilisme et le cynisme» écrit-il.
    Le système de représentation proportionnelle ne fera pas disparaître la partisanerie. Défendre une ou des idées, c'est être partisan et si on ne veut pas exposer sa partisanerie, il ne sert à rien de prétendre défendre sa ou ses idées. Par contre, si je comprends bien M. Gagné, le fait de pouvoir confronter plusieurs points de vue différents et bien défendus, avec ouverture d'esprit, ne peut être que profitable. Mais on pourrait dire la même chose d'un cours de philosophie!
    Ce qui ferait la différence, dans un système de représentation proportionnelle, c'est que les partis minoritaires pourraient avoir la possibilité de participer à l'action gouvernementale et d'y faire valoir leurs convictions dans un rapport de force plus équitable et plus productif qu'actuellement. Ce rapport de force serait d'autant plus fort que les partisans de partis moins puissants auraient le sentiment de ne pas perdre leur vote en se prononçant pour un tel parti moins puissant. Les partisans auraient aussi la possibilité de cesser de voter «stratégiquement» pour un parti qui n'incarne pas vraiment leurs convictions, pour la seule mauvaise raison qu'en votant autrement, ils risquent de diviser le vote et de permettre au parti qu'ils ne veulent absolument pas voir au pouvoir de remporter l'élection.