Lettres - Une lueur d'espoir pour les Haïtiens

Haïti, que de coups terribles reçus en 2010: un quart de million de morts à la suite du tremblement de terre de janvier dernier, une épidémie de choléra depuis la mi-octobre... Cela dit, j'ai eu l'occasion d'entendre parler dernièrement d'une banque alternative haïtienne au service des pauvres de ce pays. De passage à Montréal où elle est née, Kathleen Felix, après un début de carrière en finance corporative tant au Canada qu'aux États-Unis, travaille désormais pour Fonkoze, l'organisme de microfinance en question.

À travers son réseau de succursales établies sur tout le territoire d'Haïti, Fonkoze offre toute une gamme de services: des petits prêts, bien sûr, pour lancer, maintenir ou développer de très petites entreprises autonomes, mais aussi un programme d'alphabétisation et d'éducation, un autre sur le plan de la santé et de l'action contre la malnutrition, etc.

Ce qui m'a frappé, c'est leur approche globale de lutte contre la pauvreté, leur stratégie de services incluant cinq niveaux d'entrée. Dans celui de base — chemin pour une vie meilleure —, on accompagne la personne pendant plusieurs mois en lui fournissant, par exemple, du matériel pour qu'elle transforme sa cabane en un meilleur abri, des animaux de basse-cour, une allocation par semaine pour les six premiers mois... Je n'irai pas plus loin dans les détails, mais rapporterai ici quelques chiffres: présentement, 210 000 personnes épargnent avec eux, 45 000 ont recours au crédit; 99 % de leur clientèle est constituée de femmes, qui ont la plupart du temps des enfants à charge.

Dans le paysage d'événements catastrophiques de ce pays dont, à juste titre, on fait état, voilà qui représente une lueur d'espoir qui se propage depuis 15 ans!