Lettres - Des étudiants bien adaptés au collégial

Je suis littéralement emballée par les étudiants inscrits dans mes cours d'anglais langue seconde ce trimestre d'automne 2010. Je trouve que mes 120 étudiants, issus de la réforme scolaire, sont en général plus communicatifs et intéressés par leurs apprentissages que quasiment tous ceux auxquels j'ai enseigné depuis les 30 dernières années, tant au secondaire qu'au collégial. La plupart d'entre eux gèrent mieux leurs apprentissages (par ex.: exécution plus régulière des devoirs, intérêt et réaction envers les faiblesses à améliorer, utilisation des outils électroniques) et sont moins passifs dans leur relation maître-élève.

J'ai fait ma petite enquête auprès de certains collègues de mon cégep à Rimouski, et il semblerait que certaines matières leur seraient plus faciles à maîtriser que d'autres: les langues française et anglaise auraient plutôt la cote, tandis que les mathématiques seraient la bête noire de nos jeunes collégiens de première année.

Tous mes collègues consultés m'ont cependant dit les trouver disciplinés, respectueux des autres, travaillant très bien en équipe, curieux et avides de connaissances...

Des bonnes nouvelles, cela fait du bien des fois, non?

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Esther Morrissette - Enseignante au Cégep de Rimouski, Le 20 novembre 2010
5 commentaires
  • Franfeluche - Abonné 24 novembre 2010 11 h 24

    BRAVO !

    Je préfère des têtes bien faites à des têtes remplies de connaissances qu'ils n'ont pas appris à appliquer dans leur quotidien. L'avant-dernier paragraphe me fait particulièrement plaisir.

  • Fr. Delplanque - Inscrit 24 novembre 2010 11 h 58

    Travaillant très bien en équipe, on se console comme on peut

    Oui, la réforme a beaucoup insisté sur le travail en équipe... Personnellement, je pense que l'école ait d'ailleurs devenu plus un lieu d'apprentissage de comportements (équipe, accueil de l'immigrant, multiculturalisme, lutte contre les préjugés conservateurs, même nationalistes) qu'un lieu d'instruction.

    Pour le reste, dire qu'ils sont avides de connaissance ne prouve par exemple rien.

    Peut-être ont-ils été trop longtemps sevré de celles-ci !

  • François Dugal - Inscrit 24 novembre 2010 14 h 03

    L'approche par compétences

    L'approche par compétences est une aberration pédagogique.
    Les élèves travaillent bien en équipe? Ils sont incapables de travailler seuls.
    Ils sont avides de connaissances? Ils font tout de façon superficielle.
    Les élèves de la réforme arrivent au collégial parce qu'on a abaissé le seuil de réussite. L'effort d'apprendre a été remplacé par une présence béate dans un milieu scolaire aseptisé. L'inculture y est élevée au rang de vertu. La seule excellence tolérée est sportive.
    En tant que nation, le Québec n'a plus aucun avenir; merci au MELS.

  • Jean-Sebastien Ricard - Inscrit 24 novembre 2010 18 h 42

    Un autre prof de cégep ajoute sa voix!

    En tant qu'enseignant en philosophie au cégep, j'ajoute ma voix à celle de Mme. Morrissette. La catastrophe tant annoncée n'a pas eu lieu, les "enfants de la réforme" sont LOIN d'être moins bons que leurs prédécesseurs.

    Bien sûr, fidèle à ses habitudes, M. Dugal est là pour nous rappeler à quel point il considère comme une aberration l'approche par compétences, concluant, encore fidèle à ses habitudes, par son classique sophisme de la pente fatale ("le Québec n'a plus aucun avenir"), sophisme qu'il emploie à chaque fois que l'occasion se présente, tout comme l'appel à la tradition (c'était tellement mieux avant, n'est-ce pas, les jeunes étudiaient encore moins longtemps qu'aujourd'hui, mais je présume, puisque je ne peux que présumer étant trop jeune, qu'ils étaient tellement plus cultivés), la généralisation hâtive (malheureusement, je constate qu'aucun des 81 étudiants issus de la réforme auxquels j'enseigne n'a de difficulté à travailler seuls et qu'ils ne sont absolument pas plus nombreux qu'avant à faire "tout de façon superficielle"), etc..

    Je n'oserais pas dire que tout est parfait, ma propre expérience est insuffisante pour être généralisée à tous les étudiants, je laisse aux anciens profs nostalgiques du passé se contenter de penser qu'ils constituent une norme universelle (tient, un autre sophisme, le subjectivisme...). Néanmoins, comme prof de philo, je ne donne pas à M. Dugal une grosse note en argumentation et me contente de constater que la majorité de mes étudiants actuels issus de la "réforme" possèdent désormais d'excellentes compétences pour identifier les sophismes comme ceux qu'il produit.

  • Allan Davis - Inscrit 25 novembre 2010 12 h 53

    L'enjeu linguistique au cégep montréalais

    Je suis prof d’anglais dans un Cégep sur l'Île de Montréal.
    Les parents, en bavardant avec leurs cégepien(ne)s devront peut-être garder à l'esprit que tout jeune anxieux de réussir avec une bonne "Côte-R" au collège (moyenne de toute les notes, pondérées,) surtout ceux et celles qui cherchent l'entrée dans les hautes écoles telles le HEC etc. sera tenté d'abaisser exprès son niveau d'anglais pour entrer dans un anglais où il/elle espère avoir une très bonne note à peu de "frais" en termes d'effort.
    Au Québec les collèges offrent quatre niveaux d'anglais, 100, 101, 102, et 103, dont seulement les deux derniers, de mon avis, préparent l'étudiant(e) pour communiquer un peu comme un "native speaker." C'est un but raisonable pour 20% des étudiants montréalais, je dirais.
    Le prix gagné à court terme est réel - de fortes chances d'avoir une meilleur note à moins d'effort et donc de se classer mieux au placement universitaire à moins de trouver le cours si plat, vu son aptitude réel, que l'étudiant saute les cours, ne fait pas les devoirs, et coule, chose qui arrive fréquemment.
    Le prix payé à long terme peut aussi être considérable: le jeune montréalais, baigné d'anglais environnemental - Internet, Hollywood, Télé, musique pop., twitter, Facebook, co-équipiers anglophones - s'imagine capable de comprendre des blagues, les allusions culturelles les plus connues à Los Angèles et Toronto, les idiotismes courants et ainsi de suite. Il tire cette fausse conclusion parce que son Secondaire V était réussi à 90% sans effort, placé sur la courbe provinciale/nationale.
    Bonne nouvelle: mes étudiants en anglais 103 au trimestre qui achève semblent avoir saisi le défi avec un certain enthousiasme. Plusieurs de mes 102's mal classés au premier cours m'ont demandé eux/elle-mêmes de monter en 103 pour le seconde cours d'anglais.
    Et tout changera dans un an ou deux avec les "benchmarks." À suivre...